| 📘 Définitions | |
| Déf. 1 — Divisibilité dans ℤ | → I.1 |
| Déf. 2 — Nombres premiers | → I.3 |
| Déf. 3 — Entiers premiers entre eux | → I.4 |
| Déf. 4 — PGCD | → II.1 |
| Déf. 5 — PPCM | → II.5 |
| 📕 Théorèmes | |
| Thm. 1 — Division euclidienne | → I.2 |
| Thm. 2 — Critère d'arrêt (√n) | → I.3 |
| Thm. 3 — Infinité des nombres premiers | → I.3 |
| Thm. 4 — Théorème fondamental de l'arithmétique | → I.3 |
| Thm. 5 — pgcd(a,b) = pgcd(b,r) (Lemme) | → II.1 |
| ↳ Lemme d'Euclide (démonstration) | → II.1 |
| Thm. 6 — PGCD = dernier reste non nul | → II.2 |
| Thm. 7 — Diviseurs communs = diviseurs du PGCD | → II.2 |
| Thm. 8 — Propriété du PPCM | → II.5 |
| Thm. 9 — pgcd(a,b) × ppcm(a,b) = ab | → II.5 |
| Bézout — pgcd(a,b)=1 ⟺ ∃u,v : au+bv=1 | → II.2 |
| Gauss — a∧b=1 et a|bc ⟹ a|c | → II.2 |
| ↳ Cor. Gauss : a|n, b|n, a∧b=1 ⟹ ab|n | → II.2 |
| 📗 Propositions et corollaires | |
| Prop. 1 — Divisibilité : réflexive, antisymétrique, transitive | → I.1 |
| Prop. 2 — Compatibilité (combinaisons linéaires) | → I.1 |
| Prop. 3 — Propriétés de la division euclidienne | → I.2 |
| Prop. — Tout n>1 admet un diviseur premier | → I.3 |
| Cor. 1 — a|b ⟺ exposants ≤ (décomp. primaire) | → I.3 |
| Cor. 2 — Nombre de diviseurs | → I.3 |
| Prop. 4 — pgcd(a,a)=a, pgcd(a,1)=1, a|b⟹pgcd=a | → II.1 |
| Prop. 5 — pgcd(ka,kb) = k × pgcd(a,b) | → II.2 |
| Prop. 6 — PGCD via décomposition primaire | → II.2 |
| Prop. 7 — PPCM via décomposition primaire | → II.5 |
| Cor. 3 — Corollaire PPCM | → II.5 |
| Prop. — b|a ⟹ b ≤ a dans ℕ (ordre partiel) | → I.1 |
| Prop. — a=da', b=db', pgcd(a',b')=1 (forme réduite) | → II.1 |
| Prop. — Résolution de ax ≡ b [n] | → II.3 |
| Prop. — Nombre premier et multiple | → I.4 |
| 📙 Méthodes | |
| Résoudre f(n) | g(n) | → I.1 |
| Factoriser un entier (divisions successives) | → I.3 |
| Montrer l'égalité de deux entiers positifs | → II.1 |
| PPCM en pratique | → II.5 |
| Algorithmes Python | |
| Test de primalité | → I.3 |
| Décomposition en facteurs premiers | → I.3 |
| Crible d'Ératosthène | → I.3 |
| Algorithme d'Euclide (pgcd) | → II.2 |
| Coefficients de Bézout | → II.2 |
| Équation diophantienne ax+by=c | → II.4 |
Soient \(a\) et \(b\) des entiers relatifs. On dit que \(a\) divise \(b\), noté \(a \mid b\), s'il existe un entier relatif \(k\) tel que \(b = ka\).
Comme \(a\) et \(-a\) ont les mêmes diviseurs dans \(\mathbb{Z}\), on se restreindra le plus souvent à la divisibilité dans \(\mathbb{N}\).
\(\mathcal{D}(123)\) — l'ensemble des diviseurs de 123 :
On cherche tous les entiers qui divisent 123. On décompose : \(123 = 3 \times 41\). Donc :
\[\mathcal{D}(123) = \{1, 3, 41, 123\}\]Vérification : \(123 = 1 \times 123 = 3 \times 41\). Ce sont bien les seuls diviseurs.
Pourquoi s'arrêter à 41 ? On a \(\sqrt{123} \approx 11{,}1\). D'après le Théorème 2 (critère d'arrêt), si 123 avait un diviseur premier \(p > 11\), il aurait obligatoirement un co-diviseur \(q = 123/p < 11\) déjà détecté. On teste donc uniquement les premiers \(\leq 11\) : 2, 3, 5, 7, 11. Seul 3 divise 123, donnant le quotient 41 qui est lui-même premier (car \(\sqrt{41} \approx 6{,}4\) et 2, 3, 5 ne le divisent pas).
\(21\mathbb{Z}\) — l'ensemble des multiples de 21 :
On prend tous les entiers relatifs \(k\) et on calcule \(21k\) :
\[21\mathbb{Z} = \{\ldots,\ -42,\ -21,\ 0,\ 21,\ 42,\ 63,\ 84,\ \ldots\}\]Ce sont tous les entiers de la forme \(21k\) avec \(k \in \mathbb{Z}\).
Pour tous \(a, b, c \in \mathbb{N}\) :
La relation \(a \mid b\) est une relation d'ordre sur \(\mathbb{N}\). C'est un ordre non total (ou ordre partiel).
Ordre partiel. La relation \(\mid\) est un ordre partiel car deux entiers naturels ne sont pas toujours comparables pour \(\mid\), par opposition à la relation \(\leq\) qui est d'ordre total dans \(\mathbb{R}\).
Un contre-exemple est obtenu en prenant \(a = 7\) et \(b = 10\) : ni \(7 \mid 10\) ni \(10 \mid 7\) — ces deux entiers ne sont donc pas comparables pour \(\mid\), ce qui suffit à montrer que l'ordre n'est pas total.
Par ailleurs, pour tout \(a \in \mathbb{N}\), on a \(1 \mid a\) et \(a \mid a\), car \(a = 1 \times a\), donc \(\{1, a\} \subset \mathcal{D}(a)\).
Proposition — Lien entre \(\mid\) et \(\leq\). Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non nuls.
\[b \mid a \implies b \leq a\]Démonstration. Si \(b \mid a\), il existe \(q \in \mathbb{N}\) tel que \(a = bq\). Puisque \(a \in \mathbb{N}^*\), on a \(q \geq 1\). Comme \(b > 0\), on en déduit que \(bq \geq b\), ce qui justifie que \(a \geq b\). ✓
Remarque. La réciproque est fausse : \(7 \leq 12\) mais \(7 \nmid 12\).
Réflexivité. Soit \(a \in \mathbb{N}\). On a \(a = a \times 1\), donc \(a \mid a\). ✓
Antisymétrie. Soient \(a \in \mathbb{N}^*\) et \(b \in \mathbb{N}^*\) tels que \(a \mid b\) et \(b \mid a\). Il existe \(q\) et \(q'\) entiers naturels tels que \(b = aq\) et \(a = bq'\).
On en déduit que \(a = (aq)q' = a(qq')\). Puisque \(a \neq 0\), il vient \(qq' = 1\).
Or \(q\) et \(q'\) sont des entiers naturels, donc \(q = q' = 1\), ce qui justifie que \(a = b\). ✓
Transitivité. Soient \(a \in \mathbb{N}^*\), \(b \in \mathbb{N}^*\) et \(c \in \mathbb{N}\) tels que \(a \mid b\) et \(b \mid c\).
Il existe \(q\) et \(q'\) entiers naturels tels que \(b = aq\) et \(c = bq'\).
On en déduit que \(c = (aq)q' = a(qq')\), avec \(qq' \in \mathbb{N}\).
On a ainsi prouvé que \(a \mid c\). ✓
Pour tous \(a, b, c \in \mathbb{N}\) :
En particulier, \(\forall n \in \mathbb{N},\ a \mid b \Rightarrow a^n \mid b^n\).
Cas particuliers importants (issus de la combinaison linéaire avec \(m,n \in \{0,1,-1\}\)) :
Si \(a \in \mathbb{Z}\) divise \(3n + 2\) et \(n - 3\), alors \(a \mid 11\).
En effet, \(a\) divise alors \((3n+2) - 3(n-3) = 11\).
Pour résoudre un problème du type \(f(n) \mid g(n)\), on se ramène à \(f(n) \mid A\) où \(A\) est un entier indépendant de \(n\), puis on liste les diviseurs de \(A\).
Étape 1 — Éliminer \(n\) (deux approches équivalentes)
Étape 2 — Lister les diviseurs de \(A\)
Si \(A\) est premier, ses diviseurs sont \(\pm 1\) et \(\pm A\). Sinon, décomposer \(A\) en facteurs premiers.
Étape 3 — Résoudre \(f(n) = d\) pour chaque diviseur \(d\) de \(A\).
Étape 4 — Vérifier chaque solution obtenue.
Exemple complet : \((2n-3) \mid (n+5)\)
Étape 1 : \(2(n+5) - (2n-3) = 13\), donc \((2n-3) \mid 13\).
Étape 2 : 13 est premier, diviseurs : \(-13, -1, 1, 13\).
Étape 3 :
| \(2n-3 = d\) | \(2n = d+3\) | \(n\) |
|---|---|---|
| \(1\) | \(4\) | \(2\) |
| \(-1\) | \(2\) | \(1\) |
| \(13\) | \(16\) | \(8\) |
| \(-13\) | \(-10\) | \(-5\) |
Étape 4 : Toutes les valeurs sont vérifiées. Conclusion : \(n \in \{-5, 1, 2, 8\}\).
On appelle nombre parfait tout nombre égal à la somme de ses diviseurs stricts. Montrer que \(28\) est parfait.
Déterminer les couples \((x;y)\) d'entiers naturels vérifiant \(x^2 = y^2 + 21\).
Trouver les entiers naturels \(n\) pour lesquels \(\dfrac{n+15}{n+2}\) est entier.
Pour tout \((a,b) \in \mathbb{N} \times \mathbb{N}^*\), il existe un unique couple \((q,r) \in \mathbb{N}^2\) tel que :
\[a = bq + r \quad \text{et} \quad 0 \leq r < b.\]On appelle \(q\) le quotient, \(r\) le reste, \(a\) le dividende et \(b\) le diviseur.
Existence du couple \((q, r)\).
Soient \(a \in \mathbb{N}\) et \(b \in \mathbb{N}^*\). On représente sur la droite numérique les multiples de \(b\) de \(0\) jusqu'à \((a+1)b\) :
Nous avons \(b \geq 1\). Puisque \(a + 1 > 0\), nous en déduisons :
\[(a+1)b \geq a + 1 > a\]Par conséquent \(a \in [0,\ (a+1)b[\). Il en résulte que \(a\) peut être rangé entre deux multiples consécutifs de \(b\). Plus précisément, il existe \(q \in \mathbb{N}\) tel que :
\[a \in [bq,\ b(q+1)[\]Posons \(r = a - bq\). Nous avons \(a = bq + r\). De plus, puisque \(bq \leq a < b(q+1)\), nous en déduisons :
\[0 \leq a - bq < b, \quad \text{soit} \quad 0 \leq r < b.\]Ainsi il existe \(q \in \mathbb{N}\) et \(r \in \mathbb{N}\) tels que \(a = b \times q + r\) avec \(0 \leq r < b\). ✓
Unicité du couple \((q, r)\).
Supposons qu'il existe deux couples \((q, r)\) et \((q', r')\) d'entiers naturels tels que :
\[a = bq + r,\ 0 \leq r < b \qquad \text{et} \qquad a = bq' + r',\ 0 \leq r' < b.\]Nous en déduisons que \(bq + r = bq' + r'\), soit \(b(q - q') = r' - r\).
Puisque \(0 \leq r < b\), nous avons \(-b < -r \leq 0\). En additionnant membre à membre les deux doubles inégalités :
\[\begin{cases} 0 \leq r' < b \\ -b < -r \leq 0 \end{cases}\]nous obtenons \(-b < r' - r < b\), soit \(|r' - r| < b\).
Or \(b(q - q') = r' - r\), donc \(-b < b(q-q') < b\). Puisque \(b \neq 0\), on en déduit :
\[-1 < q - q' < 1\]Or \(q - q'\) est un entier, donc \(q - q' = 0\), ce qui prouve que \(q = q'\) et par suite \(r = r'\). ✓
Dans cet algorithme, \(\lfloor a/b \rfloor\) désigne la partie entière de \(a/b\), unique entier relatif satisfaisant :
\[\lfloor a/b \rfloor \leq \frac{a}{b} < \lfloor a/b \rfloor + 1\]| Pseudocode | Python |
|---|---|
|
\(q \leftarrow \lfloor a/b \rfloor\) \(r \leftarrow a - bq\) |
from math import *
a = int(input("a="))
b = int(input("b="))
q = floor(a/b)
r = a - q*b
print("q=", q)
print("r=", r)
|
Exemple : division euclidienne de 5673 par 14 → \(q = 405\), \(r = 3\).
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels avec \(b\) non nul.
\[b \mid a \Longleftrightarrow \text{le reste de la division euclidienne de } a \text{ par } b \text{ est nul.}\]La division euclidienne d'un entier naturel \(n\) par \(2\) donne \(0\) ou \(1\) pour reste, ce qui permet d'obtenir par disjonction :
Montrer que tout entier \(n\) non divisible par \(5\) a un carré de la forme \(5p+1\) ou \(5p-1\).
Le 1er mai 2025 tombait un jeudi. Quel jour tombe le 1er mai 2026 ?
Un entier naturel est dit premier lorsqu'il admet exactement deux diviseurs : \(1\) et lui-même. On note \(\mathbb{P}\) l'ensemble des nombres premiers.
Démonstration (Jean Wacksmann)
Si \(n\) est premier, alors \(n\) admet un diviseur premier : lui-même.
Si \(n\) n'est pas premier, alors \(n\) admet d'autres diviseurs que \(1\) et \(n\). Considérons le plus petit diviseur \(p\) de \(n\) distinct de \(1\) et de \(n\). Supposons par l'absurde que \(p\) est non premier.
Dans ce cas, \(p\) admet un diviseur \(d\) tel que \(1 < d < p\) et \(d \mid p\). Mais nous savons que \(p \mid n\). Par transitivité, \(d \mid p\) et \(p \mid n\) implique \(d \mid n\), avec \(1 < d < p\).
Ceci est contradictoire avec \(p\) qui est le plus petit diviseur de \(n\). Par l'absurde, \(p\) est premier. ✓
Démonstration du critère \(p^2 \leq n\) (Jean Wacksmann)
Puisque \(n > 1\) n'est pas premier, il admet un diviseur premier \(p\) distinct de \(1\) et \(n\). Désignons par \(p\) le plus petit de ces diviseurs. Il existe un entier \(d\) tel que \(n = p \times d\).
D'après la proposition précédente, \(p\) est premier, donc \(p \geq 2\). Montrons que \(d \geq 2\) : si \(d = 0\) alors \(n = 0\), contredisant \(n \geq 2\) ; si \(d = 1\) alors \(n = p\), impossible car \(p\) est distinct de \(n\). Donc \(d \geq 2\).
Ainsi \(2 \leq p \leq d\). En multipliant par \(p > 0\) : \(p^2 \leq p \times d = n\), donc \(p \leq \sqrt{n}\). ✓
On a \(\sqrt{123} \approx 11{,}1\). On teste les premiers \(\leq 11\) : 2, 3, 5, 7, 11.
Conclusion : \(123 = 3 \times 41\) est la décomposition primaire. Voir aussi D(123) et Théorème fondamental.
La forme contraposée de cette proposition donne le test de primalité :
Soit \(n\) un entier naturel tel que \(n \geq 2\).
Si \(n\) n'admet aucun diviseur premier \(p\) tel que \(p^2 \leq n\), alors \(n\) est premier.
| Pseudocode | Python |
|---|---|
|
\(d\) prend la valeur 3 Tant Que \(d^2 \leq N\) et \(d \nmid N\) \(d \leftarrow d + 2\) Fin Tant Que Si \(d^2 > N\) et \(N > 1\) Afficher "\(N\) est premier" Sinon Afficher "\(N\) non premier" Afficher "\(d\) est le plus petit diviseur" Fin de Si |
from math import *
n = int(input("n="))
d = 3
while d**2 <= n and n%d != 0:
d = d + 2
if d*d > n and n > 1:
print("n=", n, "est premier")
else:
print("n=", n, "non premier")
print("d=", d, "est le plus petit diviseur")
|
Exemples numériques :
La ligne "\(d \leftarrow d + 2\)" précise que ce programme ne teste que des nombres impairs à partir de \(d = 3\). En effet tout nombre premier strictement supérieur à \(2\) est impair. Cette incrémentation de deux unités permet de rendre plus rapide l'exécution de l'algorithme.
On divise l'entier à factoriser par son plus petit diviseur premier, puis on réitère le processus avec le quotient obtenu, jusqu'à l'obtention d'un quotient égal à \(1\).
Exemple : factoriser 4116
| Reste | Diviseur premier |
|---|---|
| 4116 | 2 |
| 2058 | 2 |
| 1029 | 3 |
| 343 | 7 |
| 49 | 7 |
| 7 | 7 |
| 1 | — |
On obtient : \(4116 = 2^2 \times 3 \times 7^3\).
Algorithme de décomposition en facteurs premiers (Jean Wacksmann)
| Pseudocode | Python |
|---|---|
|
\(d\) prend la valeur 2 Tant Que \(N \neq 1\) Tant Que \(d\) divise \(N\) Afficher \(d\) \(N\) prend la valeur \(N/d\) Fin Tant Que \(d\) prend la valeur \(d + 1\) Fin Tant Que |
from math import *
n = int(input("n="))
d = 2
L = []
while n != 1:
while n % d == 0:
n = n / d
L.append(d)
d = d + 1
print(L)
|
Exemples numériques :
Soient \(a = 4116\) et \(b = 5632\). On a :
\[a = 4116 = 2^2 \times 3 \times 7^3\] \[b = 5632 = 2^9 \times 11\]Simplification de \(\sqrt{a}\) et \(\sqrt{b}\) :
\[\sqrt{a} = \sqrt{2^2 \times 3 \times 7^3} = 14\sqrt{21}\] \[\sqrt{b} = \sqrt{2^9 \times 11} = 2^4\sqrt{2 \times 11} = 16\sqrt{22}\]Calcul du pgcd : on prend les facteurs communs avec le plus petit exposant :
\[\text{pgcd}(a, b) = 2^2 = 4\]Fraction irréductible :
\[\frac{a}{b} = \frac{1029 \times 4}{1408 \times 4} = \frac{1029}{1408}\]\(a\) est-il un carré parfait ? Non, car dans la décomposition de \(a = 2^2 \times 3^1 \times 7^3\), les exposants de \(3\) et \(7\) sont impairs.
Plus petit carré multiple de \(b\) : il faut rendre tous les exposants pairs dans \(b = 2^9 \times 11\). On multiplie par \(2 \times 11\) :
\[22b = 2 \times 11 \times 2^9 \times 11 = 2^{10} \times 11^2 = (2^5 \times 11)^2 = 352^2\]Ce complément apporte une caractérisation équivalente du pgcd très utile en pratique : elle permet d'écrire a et b sous forme réduite da' et db'.
Proposition. Soient \(a, b \in \mathbb{Z}^*\) et \(d \in \mathbb{N}^*\). Les deux propositions suivantes sont équivalentes :
Démonstration.
\((i) \Rightarrow (ii)\) : si \(d = \text{pgcd}(a,b)\), il existe \(a', b' \in \mathbb{Z}^*\) tels que \(a = da'\) et \(b = db'\). En appliquant la propriété multiplicative avec \(d \geq 1\) : \(d = \text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(da',db') = d \times \text{pgcd}(a',b')\), donc \(\text{pgcd}(a',b') = 1\). ✓
\((ii) \Rightarrow (i)\) : en supposant (ii), \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(da',db') = d \times \text{pgcd}(a',b') = d \times 1 = d\). ✓
Exemple — Résolution dans \(\mathbb{N}^2\) : Trouver \((x,y) \in \mathbb{N}^2\) tel que \(x + y = 144\) et \(\text{pgcd}(x,y) = 18\).
On pose \(x = 18x'\) et \(y = 18y'\) avec \(\text{pgcd}(x',y') = 1\). Le système devient :
\[18(x' + y') = 144 \Rightarrow x' + y' = 8, \quad \text{pgcd}(x',y') = 1\]Les couples \((x',y') \in \mathbb{N}^2\) premiers entre eux vérifiant \(x'+y'=8\) sont : \((1,7), (3,5), (5,3), (7,1)\).
Donc \(S = \{(18,126),\ (54,90),\ (90,54),\ (126,18)\}\).
Deux entiers naturels non nuls \(n\) et \(p\) sont premiers entre eux si et seulement si leur seul diviseur commun est \(1\).
En d'autres termes :
Si \(p\) est un nombre premier et \(n\) un entier naturel non nul et non multiple de \(p\), alors \(n\) et \(p\) sont premiers entre eux.
Démonstration. Puisque \(p\) est premier, \(\mathcal{D}(p) = \{1, p\}\). De plus, \(p\) ne divise pas \(n\) donc \(p \notin \mathcal{D}(n)\). Ceci justifie que \(\mathcal{D}(n) \cap \mathcal{D}(p) = \{1\}\). ✓
Pour tout entier naturel \(n\), considérons la fraction \(\dfrac{2n+3}{2n+1}\).
Le programme Python suivant calcule \(\text{pgcd}(2n+3, 2n+1)\) pour les \(N+1\) premières valeurs de \(n\) :
from math import *
def pgcd(a, b):
while b != 0:
r = a % b
a = b
b = r
return a
def fracirrec(n):
L = []
for k in range(0, n):
d = pgcd(2*k+3, 2*k+1)
L.append(d)
return L
En l'exécutant pour \(N = 20\) :
fracirrec(20)
[1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1]
Ce résultat nous autorise à conjecturer que cette fraction est irréductible quel que soit \(n\). La preuve sera donnée en exercice corrigé.
On a \(10 < \sqrt{109} < 11\). On teste les premiers \(< 11\) : \(2, 3, 5, 7\).
Conclusion : \(109\) est premier.
L'ensemble des nombres premiers est infini.
Démonstration (Jean Wacksmann) — par l'absurde
Supposons que l'ensemble \(\mathbb{P}\) des nombres premiers est fini. Posons \(\mathbb{P} = \{2, 3, 5, \ldots, p\}\) avec \(2 < 3 < 5 < \cdots < p\). Considérons l'entier naturel :
\[N = (2 \times 3 \times 5 \times \cdots \times p) + 1\]Puisque \(N > 1\), en appliquant la proposition précédente, \(N\) admet un diviseur premier \(p'\).
Or l'égalité \(N = (2 \times 3 \times \cdots \times p) + 1\) signifie que la division euclidienne de \(N\) par n'importe quel premier entre \(2\) et \(p\) donne \(1\) pour reste. Par conséquent, aucun élément de \(\mathbb{P}\) n'est diviseur de \(N\).
Il en résulte que \(p' \notin \mathbb{P}\), c'est-à-dire \(p' > p\). C'est contradictoire avec \(\mathbb{P}\) fini et majoré par \(p\). Par l'absurde, l'ensemble des nombres premiers est infini. ✓
Pour dresser la liste des premiers entre \(2\) et \(100\) : écrire tous les entiers, puis éliminer successivement les multiples de \(2\), de \(3\), etc.
| 2 | 3 | 5 | 7 | |||||
| 11 | 13 | 17 | 19 | |||||
| 23 | ||||||||
| 29 | 31 | 37 | ||||||
| 41 | 43 | |||||||
| 47 | 53 | |||||||
| 59 | 61 | |||||||
| 67 | 71 | 73 | ||||||
| 79 | ||||||||
| 83 | 89 | |||||||
| 97 |
def eratosthene(n):
L = [i for i in range(2, n+1)]
P = []
while len(L) != 0:
P.append(L[0])
i = L[0]
for k in L:
if k % i == 0:
del(L[L.index(k)])
return P
Tout entier \(n \geq 2\) admet une décomposition en facteurs premiers unique (c'est-à-dire qu'on peut l'écrire comme une multiplication de nombres premiers), à l'ordre des facteurs près :
\[n = p_1^{\alpha_1} p_2^{\alpha_2} \cdots p_k^{\alpha_k}, \quad p_i \in \mathbb{P} \text{ distincts},\ \alpha_i \in \mathbb{N}^*.\]On appelle cette écriture la décomposition primaire de \(n\). "À l'ordre près" signifie que \(12 = 2^2 \times 3\) et \(12 = 3 \times 2^2\) sont la même décomposition — on adopte par convention l'écriture canonique avec les premiers dans l'ordre croissant.
Remarque 1 — "À l'ordre des facteurs près"
La multiplication étant commutative, \(2 \times 2 \times 3\), \(2 \times 3 \times 2\) et \(3 \times 2 \times 2\) sont trois écritures du même produit. Le théorème dit qu'une fois les facteurs écrits dans l'ordre croissant avec leurs exposants, l'écriture est unique. Par convention on écrit toujours les premiers dans l'ordre croissant, ce qui donne une écriture canonique : \(12 = 2^2 \times 3\).
Vocabulaire — Forme canonique : une forme canonique est la forme de référence unique adoptée par convention parmi toutes les façons d'écrire la même chose. Elle élimine toute ambiguïté. Exemples :
Remarque 2 — Importance de l'unicité
C'est l'unicité qui rend ce théorème puissant. Elle permet d'identifier les exposants terme à terme lorsqu'on compare deux décompositions — c'est ce qui justifie par exemple le Corollaire 1 (\(a \mid b \Leftrightarrow \alpha_p \leq \beta_p\)).
Remarque 3 — Pourquoi la démonstration est hors-programme
La démonstration fait appel à des prérequis avancés :
La chaîne logique est donc : Bézout → Lemme d'Euclide fort → Unicité de la décomposition.
Le résultat est à connaître et à utiliser, mais sa démonstration complète sera accessible après l'étude de Bézout.
| Reste | Diviseur premier |
|---|---|
| 16758 | 2 |
| 8379 | 3 |
| 2793 | 3 |
| 931 | 7 |
| 133 | 7 |
| 19 | 19 |
| 1 | — |
On obtient : \(16758 = 2 \times 3^2 \times 7^2 \times 19\).
Soient \(a = \prod_{p \in \mathbb{P}} p^{\alpha_p}\) et \(b = \prod_{p \in \mathbb{P}} p^{\beta_p}\). Alors :
\[a \mid b \Longleftrightarrow \forall p \in \mathbb{P},\ \alpha_p \leq \beta_p.\]\(123 = 3^1 \times 41^1\). Pour tout entier \(a\), \(a \mid 123 \Longleftrightarrow\) l'exposant de 3 dans \(a\) est \(\leq 1\) ET l'exposant de 41 dans \(a\) est \(\leq 1\).
Diviseurs possibles : \(3^0 \times 41^0 = 1\), \(3^1 \times 41^0 = 3\), \(3^0 \times 41^1 = 41\), \(3^1 \times 41^1 = 123\).
Soit \(\mathcal{D}(123) = \{1, 3, 41, 123\}\). Voir D(123).
Si \(n = p_1^{\alpha_1} \cdots p_k^{\alpha_k}\), alors \(n\) admet \(\displaystyle\prod_{i=1}^k (1+\alpha_i)\) diviseurs.
\(123 = 3^1 \times 41^1\). Nombre de diviseurs : \((1+1)(1+1) = 4\).
On retrouve bien \(\mathcal{D}(123) = \{1, 3, 41, 123\}\) — 4 diviseurs. Voir D(123).
Soit \(n \in \mathbb{N}\), \(n \geq 2\). Montrer qu'il n'existe aucun nombre premier entre \(n! + 2\) et \(n! + n\).
Trouver le nombre de diviseurs de \(120\) et les déterminer tous.
Le concept de plus grand commun diviseur de deux entiers apparaît dès l'Antiquité dans les Éléments d'Euclide (environ 300 avant notre ère). Euclide y décrit le premier algorithme connu, utilisant une méthode itérative par soustraction, remplacée de nos jours par des divisions euclidiennes successives.
En s'appuyant sur cet algorithme, on établit deux grands résultats :
Ces outils permettent d'aborder des questions de cryptographie : chiffrement affine, chiffrement de Hill (1929), système RSA (1978) — autant d'applications qui reposent sur la difficulté de factoriser de grands entiers.
Dans \(\mathbb{Z}\), calculons les diviseurs communs à 63 et 45 :
\[\mathcal{D}(63) = \{-63, -21, -9, -7, -3, -1, 1, 3, 7, 9, 21, 63\}\] \[\mathcal{D}(45) = \{-45, -15, -9, -5, -3, -1, 1, 3, 5, 9, 15, 45\}\] \[\mathcal{D}(63) \cap \mathcal{D}(45) = \{-9, -3, -1, 1, 3, 9\}\]On observe que 9 est le plus grand élément de \(\mathcal{D}(63) \cap \mathcal{D}(45) \cap \mathbb{N}\) : c'est le « plus grand commun diviseur » de 63 et 45, noté \(\text{pgcd}(63, 45) = 9\).
Cet exemple motive la définition formelle ci-dessous.
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non nuls. On appelle PGCD de \(a\) et \(b\), noté \(\text{pgcd}(a;b)\) ou \(a \wedge b\), le plus grand diviseur commun à \(a\) et \(b\).
Soient \(a, b \in \mathbb{N}^*\). On applique l'axiome du plus grand élément à \(\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) \subset \mathbb{Z}\).
Par conséquent \(\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b)\) est majoré par \(\min(a,b)\) et admet donc un plus grand élément : c'est le pgcd. ✓
Démonstration. Soit \(a \in \mathbb{N}^*\) et \(b \in \mathbb{N}^*\).
Soit \(n \geq 2\). Puisque \(n^3 - n = n(n+1)(n-1)\), on obtient immédiatement :
\[n \mid n^3-n, \quad n+1 \mid n^3-n, \quad n-1 \mid n^3-n\]En appliquant la Proposition 4 (si \(b \mid a\) alors \(\text{pgcd}(a,b)=b\)) :
\[\text{pgcd}(n^3-n,\ n) = n\] \[\text{pgcd}(n^3-n,\ n+1) = n+1\] \[\text{pgcd}(n^3-n,\ n-1) = n-1\]Application numérique : pour \(n=5\), \(n^3-n = 120\) :
\[\text{pgcd}(120, 5) = 5, \quad \text{pgcd}(120, 6) = 6, \quad \text{pgcd}(120, 4) = 4\]Vérification : \(120 = 5 \times 24 = 6 \times 20 = 4 \times 30\). ✓
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers non nuls et \((q;r)\) tels que \(a = bq + r\). Alors :
\[\text{pgcd}(a;b) = \text{pgcd}(b;r)\]De manière équivalente : \(\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r)\).
Nous avons \(a = bq + r\) avec \(q \in \mathbb{N}\) et \(0 \leq r < b\).
Soit \(d\) un diviseur commun de \(a\) et \(b\) : \(d \mid a\) et \(d \mid b\). Il existe \(k\) et \(k'\) entiers naturels tels que \(a = kd\) et \(b = k'd\).
Il en résulte que :
\[r = a - bq = kd - (k'd)q = (k - k'q)d\]Comme \(r \in \mathbb{N}\) et \(d \in \mathbb{N}^*\), nous avons \(k - k'q \in \mathbb{N}\). Nous en déduisons que \(d \mid r\), donc \(d\) est un diviseur commun de \(b\) et \(r\).
Ainsi tout diviseur commun de \(a\) et \(b\) est diviseur commun de \(b\) et \(r\). Le raisonnement est symétrique dans l'autre sens (en écrivant \(a = bq + r\)). Donc :
\[\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r) \implies \text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b,r). \quad \checkmark\]En particulier, si \(d = \text{pgcd}(a,b)\), alors \(d = \text{pgcd}(b,r)\).
Soient \(a, b \in \mathbb{N}^*\) et \(r\) le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\) :
\[a = bq + r, \quad 0 \leq r < b\]Alors : \(\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r)\) et \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b,r)\).
Démonstration. On procède par disjonction selon que \(r = 0\) ou \(r > 0\).
1er cas : \(r = 0\). On a \(a = bq\), donc \(b \mid a\). Par la Proposition 4 : \(\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(0)\) car \(\mathcal{D}(0) = \mathbb{Z}\). ✓
2e cas : \(r > 0\). On montre l'égalité par double inclusion.
\(\supset\) Soit \(d \in \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r)\), alors \(d \mid b\) et \(d \mid r\). Par combinaison linéaire \(d \mid bq + r\), c'est-à-dire \(d \mid a\). Donc \(d \in \mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b)\).
\(\subset\) Soit \(d \in \mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b)\), alors \(d \mid a\) et \(d \mid b\). Par combinaison linéaire \(d \mid a - bq\), c'est-à-dire \(d \mid r\). Donc \(d \in \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r)\).
Ces deux inclusions justifient \(\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r)\), et par unicité du plus grand élément : \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b,r)\). ✓
La contrainte \(0 < r < b\) n'intervient pas dans la preuve du second cas : la proposition reste vraie lorsque \(q\) et \(r > 0\) sont deux entiers naturels quelconques satisfaisant \(a = bq + r\). C'est la pierre angulaire de l'algorithme d'Euclide.
1er exemple : pgcd(230, 22) et pgcd(−230, 22)
\(230 = 22 \times 10 + 10\), donc \(\text{pgcd}(230, 22) = \text{pgcd}(22, 10)\).
\(22 = 10 \times 2 + 2\), donc \(\text{pgcd}(22, 10) = \text{pgcd}(10, 2)\).
Puisque \(2 \mid 10\) : \(\text{pgcd}(10, 2) = 2\).
Conclusion : \(\text{pgcd}(230, 22) = \text{pgcd}(22, 10) = \text{pgcd}(10, 2) = 2\).
Pour les négatifs : \(\text{pgcd}(-230, 22) = \text{pgcd}(|-230|, 22) = \text{pgcd}(230, 22) = 2\).
2e exemple : \(n\) et \(p\) premiers entre eux
Soient \(n, p \in \mathbb{N}^*\) tels que \(\text{pgcd}(n,p) = 1\). On applique le Lemme d'Euclide en cascade :
Le même raisonnement en cascade permet de traiter toute combinaison linéaire de \(n\) et \(p\).
Soient \(d\) et \(D\) deux entiers positifs (par exemple \(d = \text{pgcd}(a,b)\) et \(D = \text{pgcd}(b,r)\)). Pour montrer que \(d = D\), on peut :
La deuxième approche est souvent la plus naturelle en arithmétique, car on dispose de nombreux outils pour montrer qu'un entier en divise un autre.
Pourquoi pas \(d - D = 0\) ou \(d/D = 1\) ?
Ces deux tentatives échouent car elles supposent ce qu'on cherche à démontrer. Les approches par inégalités ou par divisibilité mutuelle sont efficaces précisément parce qu'elles décomposent le problème en deux étapes plus simples, chacune accessible avec les outils de l'arithmétique.
Outils disponibles pour montrer que \(d \mid D\) :
Ce complément apporte la démonstration de pgcd(ka,kb) = k×pgcd(a,b), avec corollaire pour les entiers relatifs et un exemple application.
Proposition. Soient \(a, b, k \in \mathbb{N}^*\). Alors \(\text{pgcd}(ka, kb) = k \times \text{pgcd}(a,b)\).
Démonstration. Posons \(d = \text{pgcd}(a,b)\) et \(d' = \text{pgcd}(ka,kb)\).
On conclut \(d' = kd\), c'est-à-dire \(\text{pgcd}(ka,kb) = k \times \text{pgcd}(a,b)\). ✓
Corollaire. Pour \(k \in \mathbb{Z}^*\) : \(\text{pgcd}(ka,kb) = |k| \times \text{pgcd}(a,b)\).
Démonstration. \(\text{pgcd}(ka,kb) = \text{pgcd}(|ka|,|kb|) = \text{pgcd}(|k||a|,|k||b|) = |k| \times \text{pgcd}(|a|,|b|) = |k| \times \text{pgcd}(a,b)\). ✓
Exemple. Soient \(n, p \in \mathbb{N}^*\). Calculons \(\text{pgcd}(np,\ n(2p+1))\).
En appliquant la propriété multiplicative : \(\text{pgcd}(np, n(2p+1)) = n \times \text{pgcd}(p, 2p+1)\).
Puisque \(2p+1 = 2 \times p + 1\), le lemme d'Euclide donne \(\text{pgcd}(p, 2p+1) = \text{pgcd}(2p+1, p) = \text{pgcd}(p,1) = 1\).
Ainsi \(p\) et \(2p+1\) sont premiers entre eux et : \[\text{pgcd}(np,\ n(2p+1)) = n\]
Calculons \(\text{pgcd}(123, 41)\) par l'algorithme d'Euclide :
\(123 = 41 \times 3 + 0\) → reste nul, donc \(\text{pgcd}(123, 41) = 41\).
Normal : puisque \(41 \mid 123\), on a \(\text{pgcd}(123, 41) = 41\). (Proposition 4 : si \(b \mid a\) alors \(\text{pgcd}(a,b) = b\).)
Calculons \(\text{pgcd}(123, 82)\) :
\(123 = 82 \times 1 + 41\) puis \(82 = 41 \times 2 + 0\) → \(\text{pgcd}(123, 82) = 41\).
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non nuls, \(x = 7a + 5b\) et \(y = 4a + 3b\). Montrer que \(\text{pgcd}(x;y) = \text{pgcd}(a;b)\).
Soient \(a\) et \(b\) deux naturels non nuls tels que \(b \nmid a\). La suite des divisions euclidiennes :
\[\begin{array}{lll} a = bq_0 + r_0 & \text{avec} & b > r_0 > 0 \\ b = r_0 q_1 + r_1 & \text{avec} & r_0 > r_1 > 0 \\ \vdots & & \\ r_{n-2} = r_{n-1}q_n + r_n & \text{avec} & r_{n-1} > r_n > 0 \\ r_{n-1} = r_n q_{n+1} + 0 \end{array}\]se termine, et \(\text{pgcd}(a;b) = r_n\) (le dernier reste non nul).
Ce complément apporte la preuve que l'algorithme se termine toujours, ainsi que le corollaire fondamental : tout diviseur commun divise le pgcd.
Soient \(a, b \in \mathbb{N}^*\). La division euclidienne de \(a\) par \(b\) donne \(a = bq_1 + r_1\) avec \(0 \leq r_1 < b\).
Étape 1. Si \(r_1 = 0\) alors \(b \mid a\) et \(\text{pgcd}(a,b) = b\). Sinon le lemme d'Euclide donne \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b, r_1)\).
Étape 2. On divise \(b\) par \(r_1\) : \(b = r_1 q_2 + r_2\) avec \(0 \leq r_2 < r_1\). Si \(r_2 = 0\) alors \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b,r_1) = r_1\). Sinon \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(r_1, r_2)\).
Étape 3. On construit ainsi une suite d'entiers naturels \((r_n)_{n \in \mathbb{N}}\) de premier terme \(r_0 = b\), strictement décroissante :
\[b > r_1 > r_2 > \cdots > r_k > r_{k+1} = 0\]Cette suite est minorée par 0 et strictement décroissante, elle atteint donc 0 en un rang fini \(k\). Par application itérée du lemme d'Euclide :
\[\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b,r_1) = \text{pgcd}(r_1,r_2) = \cdots = \text{pgcd}(r_k, 0) = r_k\]Le pgcd est donc le dernier reste non nul. ✓
Ce corollaire est la propriété la plus utile du pgcd dans les démonstrations.
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non nuls. Tout diviseur commun \(d\) à \(a\) et \(b\) vérifie \(d \mid \text{pgcd}(a,b)\).
Démonstration. Avec les notations de la démonstration précédente, si \(d = \text{pgcd}(a,b)\) alors :
\[\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r_1) = \cdots = \mathcal{D}(r_k) \cap \mathcal{D}(0) = \mathcal{D}(d)\]Ainsi tout diviseur commun de \(a\) et \(b\) est dans \(\mathcal{D}(d)\), c'est-à-dire divise \(d\). ✓
Le principe est basé sur le Théorème 5 : \(\text{pgcd}(a,b) = \text{pgcd}(b,r)\). On itère jusqu'à ce que le reste soit nul.
| Pseudocode | Python |
|---|---|
|
Tant Que \(b \neq 0\) \(q \leftarrow \lfloor a/b \rfloor\) \(r \leftarrow a - bq\) \(a \leftarrow b\) \(b \leftarrow r\) Fin Tant Que Afficher \(a\) |
from math import *
a = int(input("a="))
b = int(input("b="))
while b != 0:
r = a % b
a = b
b = r
print("pgcd(a,b)=", a)
|
Exemples numériques :
Version synthétique — fonction Python (Jean Wacksmann) :
from math import *
def pgcd(a, b):
while b != 0:
r = a % b
a = b
b = r
return a
Exemple : pgcd(15330, 350) → 70.
Conclusion : \(\text{pgcd}(4539 ; 1958) = 89\).
Les diviseurs communs de \(a\) et \(b\) sont exactement les diviseurs de \(\text{pgcd}(a;b)\) :
\[d \mid \text{pgcd}(a;b) \Longleftrightarrow \begin{cases} d \mid a \\ d \mid b \end{cases}\]De manière équivalente : \(\mathcal{D}(a \wedge b) = \mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b)\).
Pour tout entier naturel \(k\) non nul : \(\text{pgcd}(ka ; kb) = k \times \text{pgcd}(a;b)\).
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers relatifs non nuls. Alors :
\[\text{pgcd}(a,b) = 1 \iff \exists\, u, v \in \mathbb{Z},\quad au + bv = 1\]Plus généralement (caractérisation de Bézout du pgcd) :
\[d = \text{pgcd}(a,b) \iff \left( d \mid a \text{ et } d \mid b \text{ et } \exists\, u, v \in \mathbb{Z},\ au + bv = d \right)\]Ce complément apporte la démonstration complète du théorème de Bézout, les remarques sur la non-unicité des coefficients, l'algorithme Python pour les calculer, et un exemple numérique. Il apporte aussi deux méthodes (ascendante et descendante) pour trouver explicitement u et v.
Démonstration de pgcd(a,b)=1 ⟹ ∃u,v : au+bv=1
On considère \(E = \{au + bv \in \mathbb{N}^* \mid u \in \mathbb{Z},\ v \in \mathbb{Z}\}\).
\(E\) est non vide : \(a = a \times 1 + b \times 0 \in E\). \(E\) étant une partie non vide de \(\mathbb{N}\), elle admet un plus petit élément \(m \in \mathbb{N}^*\), associé à un couple \((u_0, v_0)\) tel que \(m = au_0 + bv_0\).
La division euclidienne de \(a\) par \(m\) donne \(a = mq + r\) avec \(0 \leq r < m\). Si \(r > 0\) alors \(r = a - mq = a(1-u_0 q) + b(-v_0 q) \in E\) avec \(r < m\) : contradiction avec la minimalité de \(m\). Donc \(r = 0\), soit \(m \mid a\). De même \(m \mid b\). Donc \(m \mid \text{pgcd}(a,b) = 1\), d'où \(m = 1\). ✓
Remarques
Algorithme Python — Coefficients de Bézout
def pgcd(a, b):
while b != 0:
r = a % b
a = b
b = r
return a
def bezout(a, b):
if pgcd(a, b) != 1:
return "non_premiers"
else:
u = 1
c = a
while a % b != 1:
u = u * c
a = u * c
v = int((1 - a) / b)
return u, v
Exemple : \(a = 2022\), \(b = 557\) (premiers entre eux) → \(u = 73\), \(v = -265\).
Vérification : \(2022 \times 73 + 557 \times (-265) = 147606 - 147605 = 1\). ✓
Méthode ascendante — pgcd(44064, 2975) = 17
On effectue l'algorithme d'Euclide et on numérote les lignes :
| Ligne | Division euclidienne |
|---|---|
| [5] | \(44064 = 2975 \times 14 + 2414\) |
| [4] | \(2975 = 2414 \times 1 + 561\) |
| [3] | \(2414 = 561 \times 4 + 170\) |
| [2] | \(561 = 170 \times 3 + 51\) |
| [1] | \(170 = 51 \times 3 + 17\) |
| \(51 = 17 \times 2 + 0\) |
Donc \(\text{pgcd}(44064, 2975) = 17\). On remonte les lignes :
\([1] \Rightarrow 17 = 170 - 51 \times 3\)
\([2] \Rightarrow 51 = 561 - 170 \times 3\), donc \(17 = 10 \times 170 - 3 \times 561\)
\([3] \Rightarrow 170 = 2414 - 561 \times 4\), donc \(17 = 10 \times 2414 - 43 \times 561\)
\([4] \Rightarrow 561 = 2975 - 2414 \times 1\), donc \(17 = 53 \times 2414 - 43 \times 2975\)
\([5] \Rightarrow 2414 = 44064 - 2975 \times 14\), donc \(17 = 53 \times 44064 + (-785) \times 2975\)
Couple solution : \((u,v) = (53, -785)\) — vérification : \(44064 \times 53 + 2975 \times (-785) = 2335392 - 2335375 = 17\). ✓
Méthode descendante (calcul littéral, en posant \(a = 44064\) et \(b = 2975\)) :
\([1] \Rightarrow 2414 = a - 14b\)
\([2] \Rightarrow 561 = b - 2414 = b - (a-14b) = 15b - a\)
\([3] \Rightarrow 170 = 2414 - 561 \times 4 = (a-14b) - 4(15b-a) = 5a - 74b\)
\([4] \Rightarrow 51 = 561 - 170 \times 3 = (15b-a) - 3(5a-74b) = -16a + 237b\)
\([5] \Rightarrow 17 = 170 - 51 \times 3 = (5a-74b) - 3(-16a+237b) = 53a - 785b = a \times \boxed{53} + b \times \boxed{-785}\)
On retrouve le même couple \((u,v) = (53, -785)\). La méthode descendante est plus systématique car elle permet d'élaborer un algorithme général.
Soient \(a\), \(b\) et \(c\) trois entiers relatifs non nuls. Si \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux et si \(a \mid bc\), alors \(a \mid c\).
Ce complément apporte la démonstration complète via Bézout, ainsi que deux corollaires importants et un exemple d'application.
Démonstration. Puisque \(\text{pgcd}(a,b) = 1\), le théorème de Bézout donne \(au + bv = 1\) pour certains \(u, v \in \mathbb{Z}\). En multipliant par \(c\) :
\[acu + bcv = c\]Puisque \(a \mid acu\) et \(a \mid bc\) (donc \(a \mid bcv\)), par combinaison linéaire \(a \mid c\). ✓
Corollaire 1 — Premiers entre eux et multiplication. Si \(a\) est premier avec \(b\) et avec \(c\), alors \(a\) est premier avec \(b \times c\).
Démonstration. Bézout donne \(au + bv = 1\) et \(au' + cv' = 1\). En multipliant : \((au+bv)(au'+cv') = 1\), soit \(a(auu' + cuv' + bvu') + bc(vv') = 1\). En posant \(u'' = auu'+cuv'+bvu'\) et \(v'' = vv'\) : \(au'' + (bc)v'' = 1\), donc \(\text{pgcd}(a, bc) = 1\). ✓
Corollaire 2 — Somme et produit. Soient \(a\) et \(b\) premiers entre eux. Alors \(a+b\) est premier avec \(a\), avec \(b\), et avec \(ab\).
Démonstration. Puisque \(a \wedge b = 1\), il existe \((u,v) \in \mathbb{Z}^2\) tel que \(au + bv = 1\).
\((a+b) \wedge a = 1\) : \(au+bv=1 \Leftrightarrow (a+b)v + a(u-v) = 1\). ✓
\((a+b) \wedge b = 1\) : \(au+bv=1 \Leftrightarrow (a+b)u + b(v-u) = 1\). ✓
\((a+b) \wedge ab = 1\) : par le Corollaire 1 ci-dessus. ✓
Quels sont les points à coordonnées entières sur la droite \((d)\) d'équation \(4x - 3y + 9 = 0\) ?
Soit \(M(x,y)\) avec \((x,y) \in \mathbb{Z}^2\). L'équation \(4x - 3y + 9 = 0\) est équivalente à \(4x = 3(y-3)\), notée [1].
Puisque \(y - 3 \in \mathbb{Z}\), on en déduit \(3 \mid 4x\). Comme 3 et 4 sont premiers entre eux, le théorème de Gauss donne \(3 \mid x\), soit \(x = 3k\) avec \(k \in \mathbb{Z}\).
En reportant dans [1] : \(4 \times 3k = 3(y-3)\), soit \(y - 3 = 4k\), donc \(y = 4k + 3\).
Réciproquement, tout point \(M(3k, 4k+3)\) satisfait \(4 \times 3k - 3(4k+3) + 9 = 12k - 12k - 9 + 9 = 0\).
Les points à coordonnées entières sur \((d)\) sont exactement les points \(M(3k,\ 4k+3)\) avec \(k \in \mathbb{Z}\).
Soient \(a\), \(b\) et \(n\) trois entiers relatifs non nuls. Si \(a \mid n\) et \(b \mid n\) et \(a \wedge b = 1\), alors \(a \times b \mid n\).
Démonstration. Puisque \(a \mid n\), il existe \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(n = ka\). Puisque \(b \mid n = ka\) et \(a \wedge b = 1\), le théorème de Gauss donne \(b \mid k\). Il existe donc \(q \in \mathbb{Z}\) tel que \(k = bq\), d'où \(n = (bq)a = ab \times q\). Donc \(ab \mid n\). ✓
Ce corollaire est faux si \(a\) et \(b\) ne sont pas premiers entre eux. Exemple : \(a=3\), \(b=6\), \(n=60\). On a \(3 \mid 60\) et \(6 \mid 60\) mais \(18 \nmid 60\).
Pour tout entier naturel \(n\), posons \(A_n = n(n+1)(n^3-1)\). On a :
\[A_n = n(n+1)(n-1)(n^2+n+1)\]Application numérique : \(n=4\) → \(A_4 = 4 \times 5 \times 63 = 1260 = 6 \times 210\). ✓
Si \(a = \prod p^{\alpha_p}\) et \(b = \prod p^{\beta_p}\), alors :
\[a \wedge b = \prod_{p \in \mathbb{P}} p^{\min(\alpha_p, \beta_p)}\]Calculer \(\text{pgcd}(162 ; 207)\).
Déterminer le PGCD de \(1960\) et \(34300\).
Soient \(a\) et \(n\) deux entiers relatifs non nuls premiers entre eux, et \(b \in \mathbb{Z}\). L'équation \((E) : ax \equiv b[n]\) admet au moins une solution \(x_0 \in \mathbb{Z}\). L'ensemble des solutions est :
\[S_{(E)} = \{x \in \mathbb{Z} \ / \ x \equiv x_0[n]\}\]Démonstration. Puisque \(a\) et \(n\) sont premiers entre eux, Bézout donne \(au + nv = 1\) pour certains \(u, v \in \mathbb{Z}\). En multipliant par \(b\) : \((au)b + (nv)b = b\), soit \(a(ub) = b + n(-vb)\). Donc \(a(ub) \equiv b[n]\), ce qui prouve que \(x_0 = ub\) est une solution particulière.
Soit \(x\) une solution quelconque. Alors \(ax \equiv b[n]\) et \(ax_0 \equiv b[n]\), d'où par soustraction \(a(x-x_0) \equiv 0[n]\), c'est-à-dire \(n \mid a(x-x_0)\). Comme \(a \wedge n = 1\), le théorème de Gauss donne \(n \mid x - x_0\), soit \(x \equiv x_0[n]\). ✓
On observe que \(\text{pgcd}(3,5) = 1\) et que \(x_0 = 2\) est une solution particulière car \(3 \times 2 = 6 \equiv 1[5]\). L'ensemble des solutions est :
\[S = \{x \in \mathbb{Z} \ / \ x \equiv 2[5]\}\]Interprétation : modulo 5, l'entier 3 est inversible et admet pour inverse 2.
Ce complément apporte la résolution exhaustive en 5 cas de l'équation diophantienne ax + by = c, avec démonstrations, algorithme Python et exemple numérique complet.
Proposition. Soient \(S\) l'ensemble des solutions dans \(\mathbb{Z}^2\) de \(ax + by = c\), avec \(a, b, c \in \mathbb{Z}^*\) et \(d = \text{pgcd}(a,b)\). Alors \(S \neq \emptyset \iff d \mid c\).
Lorsque des solutions existent, elles sont initialisées par une solution particulière \((x_0, y_0)\), obtenue soit directement soit via les algorithmes de Bézout.
1er cas : a et b premiers entre eux et c = 0.
L'équation devient \(ax = b(-y)\). Puisque \(b \mid ax\) et \(a \wedge b = 1\), Gauss donne \(b \mid x\), soit \(x = bk\) avec \(k \in \mathbb{Z}\), puis \(y = -ak\). Ensemble des solutions : \(S_{(E)} = \{(bk, -ak) \ / \ k \in \mathbb{Z}\}\).
2e cas : a et b premiers entre eux et c = 1.
Bézout assure l'existence d'une solution particulière \((x_0, y_0)\). Si \((x,y)\) est une solution quelconque, on soustrait les deux équations : \(a(x-x_0) = b(y_0-y)\). Puisque \(b \mid a(x-x_0)\) et \(a \wedge b = 1\), Gauss donne \(b \mid x-x_0\), soit \(x = x_0 + bk\). On obtient \(y = y_0 - ak\). Ensemble des solutions : \(S_{(E)} = \{(x_0 + bk,\ y_0 - ak) \ / \ k \in \mathbb{Z}\}\).
3e cas : a et b premiers entre eux et c ≠ 1.
Puisque \(\text{pgcd}(a,b) = 1\), Bézout donne \((x_0,y_0)\) solution de \(ax_0 + by_0 = 1\). En multipliant par \(c\) : \(a(cx_0) + b(cy_0) = c\), donc \((X_0, Y_0) = (cx_0, cy_0)\) est une solution particulière. Le raisonnement du 2e cas donne : \(S_{(E)} = \{(cx_0 + bk,\ cy_0 - ak) \ / \ k \in \mathbb{Z}\}\).
4e cas : a et b non premiers entre eux et c = pgcd(a,b).
On pose \(c = d\), \(a = ca'\) et \(b = cb'\) avec \(\text{pgcd}(a',b') = 1\). L'équation se réduit à \(a'x + b'y = 1\) : on est ramené au 2e cas. Ensemble des solutions : \(S_{(E)} = \{(x_0 + b'k,\ y_0 - a'k) \ / \ k \in \mathbb{Z}\}\).
5e cas : a et b non premiers entre eux et c divisible par d = pgcd(a,b).
Il existe \(\alpha \in \mathbb{Z}^*\) tel que \(c = \alpha d\). Soit \((x_0,y_0)\) solution particulière de \(ax_0 + by_0 = d\) (cas 4). En multipliant par \(\alpha\) : \(a(\alpha x_0) + b(\alpha y_0) = c\). Ensemble des solutions (avec \(b' = b/d\) et \(a' = a/d\)) : \(S_{(E)} = \{(\alpha x_0 + b'k,\ \alpha y_0 - a'k) \ / \ k \in \mathbb{Z}\}\).
Algorithme Python — equadiop(a, b, c)
def equadiop(a, b, c):
for u in range(-10, 10):
for v in range(-10, 10):
e = a*u + b*v
if e == c:
return u, v
return "vide"
Note : cet algorithme cherche une solution particulière par force brute sur un intervalle. Pour de grands entiers, on utilise l'algorithme de Bézout.
Exemple numérique — 114x + 30y = 54
On calcule \(\text{pgcd}(114, 30) = 6\) et \(6 \mid 54\) → des solutions existent.
Le script Python donne \((x_0, y_0) = (1, -2)\) comme solution particulière.
En soustrayant les équations pour \((x,y)\) et \((x_0,y_0)\) :
\[114(x-1) + 30(y+2) = 0 \implies 114(x-1) = 30(2-y)\]En divisant par \(d=6\) : \(19(x-1) = 5(y_0-y)\). Puisque \(5 \mid 19(x-1)\) et \(\text{pgcd}(5,19)=1\), Gauss donne \(5 \mid x-1\), soit \(x = 1 + 5k\). Puis \(y = -2 - 19k\).
Vérification : \(114(1+5k) + 30(-2-19k) = 114 + 570k - 60 - 570k = 54\). ✓
\[S_{(E)} = \{(1+5k,\ -2-19k) \ / \ k \in \mathbb{Z}\}\]Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non nuls. On appelle PPCM de \(a\) et \(b\), noté \(\text{ppcm}(a;b)\) ou \(a \vee b\), le plus petit multiple commun non nul de \(a\) et \(b\).
Les multiples communs de \(a\) et \(b\) sont exactement les multiples de \(\text{ppcm}(a;b)\) :
\[\text{ppcm}(a;b) \mid m \Longleftrightarrow \begin{cases} a \mid m \\ b \mid m \end{cases}\]De manière équivalente : \((a \vee b)\mathbb{Z} = a\mathbb{Z} \cap b\mathbb{Z}\).
\(\text{pgcd}(42;60) = 6\). Si \(m = \text{ppcm}(42;60)\), alors \(6m = 42 \times 60\), donc \(m = 420\).
Pour des entiers pas trop grands : décomposer en facteurs premiers, puis prendre chaque facteur avec le plus grand exposant.
Déterminer \(m = 44100 \vee 36036\).
Déterminer \(\text{ppcm}(240 ; 756)\).