Identités Algébriques

CPGE — Carrés, cubes, puissances 4 · Factorisations · Sommes de puissances
TABLE DES MATIÈRES
INDEX — DÉFINITIONS, PROPOSITIONS, MÉTHODES, EXERCICES
📘 Définitions
Déf. — Identité remarquable→ I.1
Déf. — Triangle de Pascal→ I.2
📗 Propositions et corollaires
Prop. 1 — \((a\pm b)^2\)→ I.1
Prop. 2 — \((a\pm b)^3\)→ I.2
Prop. 3 — \(a^3 \pm b^3\)→ I.2
Prop. 4 — \((a\pm b)^4\)→ II.1
Prop. 5 — \(a^4 \pm b^4\)→ II.2
Complément — \(a^n - b^n\)→ Fin
📙 Méthodes
Choisir la bonne identité→ III.2
Factorisation par identité→ III.2
Reconnaître \((a+b)(a-b)\)→ I.3
Face à \(k \mid f(n)\)→ Fin
📕 Exercices corrigés
Triangle de Pascal : \((2x+3)^5\)→ Ex. Pascal
Ex. 2 — Calcul avec \(s\) et \(p\)→ Ex. 2
Ex. 4 — Divisibilité et \(a^4-b^4\)→ Ex. 4
Ex. 5 — Synthèse factorisations→ Ex. 5
Ex. 6 — Identités et systèmes→ Ex. 6
Ex. 7 — Synthèse : \(x + 1/x = 3\)→ Ex. 7
Ex. 8 — Application \(a^n - b^n\)→ Ex. 8

I — Identités du carré et du cube

I.1 Identités remarquables du carré

Proposition 1 — Carrés de binômes

Pour tous réels \(a, b\) :

\[ (a+b)^2 = a^2 + 2ab + b^2 \] \[ (a-b)^2 = a^2 - 2ab + b^2 \]

La seconde formule n'est pas à redémontrer indépendamment : il suffit de remarquer que \(a - b = a + (-b)\), et donc d'appliquer la première en substituant \(b \leftarrow -b\) :

\[ (a-b)^2 = \bigl(a+(-b)\bigr)^2 = a^2 + 2a(-b) + (-b)^2 = a^2 - 2ab + b^2 \]

Ce principe de substitution s'applique à toutes les identités : pour obtenir la version « \(-\) » à partir de la version « \(+\) », on remplace \(b\) par \(-b\).

On en déduit immédiatement les expressions de \(a^2 + b^2\) et \(a^2 - b^2\) :

\[ a^2 + b^2 = (a+b)^2 - 2ab \qquad \text{et} \qquad a^2 - b^2 = (a+b)(a-b) \]
Remarque — Deux usages distincts de \(a^2 + b^2 = (a+b)^2 - 2ab\)

1. Positivité de \(a^2 + b^2\). Pour tout réel \(x\), on a \(x^2 \geq 0\) (le carré d'un réel est toujours positif ou nul). Donc \(a^2 \geq 0\) et \(b^2 \geq 0\), et par suite :

\[a^2 + b^2 \geq 0\]

avec égalité si et seulement si \(a = 0\) et \(b = 0\). Cette positivité est immédiate depuis la définition du carré — l'identité \((a+b)^2 - 2ab\) n'est pas nécessaire pour ça.

2. Calcul de \(a^2 + b^2\) quand on connaît \(a+b\) et \(ab\). L'identité prend tout son intérêt dans la situation suivante : supposons qu'on connaisse la somme \(s = a + b\) et le produit \(p = ab\) de deux nombres \(a\) et \(b\), sans connaître \(a\) et \(b\) individuellement. Alors :

\[a^2 + b^2 = (a+b)^2 - 2ab = s^2 - 2p\]

On peut ainsi calculer \(a^2 + b^2\) directement depuis \(s\) et \(p\), sans avoir à résoudre \(x^2 - sx + p = 0\) pour trouver \(a\) et \(b\). Par exemple, si \(a + b = 5\) et \(ab = 3\), alors \(a^2 + b^2 = 25 - 6 = 19\).

3. Absence de factorisation réelle. Contrairement à \(a^2 - b^2 = (a+b)(a-b)\), la somme \(a^2 + b^2\) ne se factorise pas en un produit de deux facteurs réels du premier degré. Voici pourquoi : si une telle factorisation existait, elle serait de la forme

\[a^2 + b^2 = (\alpha a + \beta b)(\gamma a + \delta b)\]

En développant le membre de droite : \(\alpha\gamma\, a^2 + (\alpha\delta + \beta\gamma)\,ab + \beta\delta\, b^2\). Pour que cela coïncide avec \(a^2 + 0 \cdot ab + b^2\), il faudrait simultanément :

\[\alpha\gamma = 1, \quad \alpha\delta + \beta\gamma = 0, \quad \beta\delta = 1\]

La deuxième équation donne \(\alpha\delta = -\beta\gamma\), donc \((\alpha\delta)^2 = \beta^2\gamma^2\). Or les première et troisième équations imposent \(\alpha\gamma > 0\) et \(\beta\delta > 0\), donc \(\alpha\delta\) et \(\beta\gamma\) sont de signes opposés — mais alors \(\alpha\delta + \beta\gamma = 0\) est possible... sauf qu'on obtient \((\alpha\delta)^2 = (\beta\gamma)^2 > 0\), ce qui forcerait \(\alpha\delta \neq 0\) et \(\beta\gamma \neq 0\).

L'argument le plus simple et le plus rigoureux reste le suivant : si \(a^2 + b^2\) admettait un facteur linéaire réel en \(a\), disons \((\alpha a + \beta b)\), alors en posant \(a = -\frac{\beta}{\alpha}b\) ce facteur s'annulerait, et donc \(a^2 + b^2\) aussi — mais \(\left(\frac{\beta}{\alpha}\right)^2 b^2 + b^2 = b^2\!\left(\frac{\beta^2}{\alpha^2}+1\right) > 0\) pour \(b \neq 0\). Contradiction. Donc \(a^2 + b^2\) n'a aucune racine réelle, et ne peut pas se factoriser en facteurs réels du premier degré.

Définition — Identité remarquable

Une identité remarquable est une égalité algébrique vraie pour toutes valeurs des variables, qui permet de passer rapidement d'une forme développée à une forme factorisée (ou inversement). Les mémoriser réduit considérablement les calculs en algèbre.

Exemple — Application directe
\((a+b)^2 \neq a^2 + b^2\). L'oubli du terme croisé \(2ab\) est l'erreur la plus fréquente en algèbre élémentaire.

I.2 Identités remarquables du cube

Proposition 2 — Cubes de binômes

Pour tous réels \(a, b\) :

\[ (a+b)^3 = a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3 \] \[ (a-b)^3 = a^3 - 3a^2b + 3ab^2 - b^3 \]
Méthode — Retenir \((a+b)^3\)

On peut retrouver la formule par développement progressif :

\[ (a+b)^3 = (a+b)(a+b)^2 = (a+b)(a^2+2ab+b^2) \]

En distribuant : \(a^3 + 2a^2b + ab^2 + a^2b + 2ab^2 + b^3 = a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3\).

Les coefficients \(1, 3, 3, 1\) sont ceux de la troisième ligne du triangle de Pascal — voir ci-dessous.

Le triangle de Pascal — Construction et usages

Le tableau d'abord. Chaque ligne donne les coefficients de \((a+b)^n\), et chaque nombre s'obtient en additionnant les deux nombres qui le surplombent dans la ligne précédente :

Ligne \(n\)CoefficientsDéveloppement de \((a+b)^n\)
\(n = 0\)1\(1\)
\(n = 1\)1 · 1\(a + b\)
\(n = 2\)1 · 2 · 1\(a^2 + 2ab + b^2\)
\(n = 3\)1 · 3 · 3 · 1\(a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3\)
\(n = 4\)1 · 4 · 6 · 4 · 1\(a^4 + 4a^3b + 6a^2b^2 + 4ab^3 + b^4\)
\(n = 5\)1 · 5 · 10 · 10 · 5 · 1\(a^5 + 5a^4b + 10a^3b^2 + 10a^2b^3 + 5ab^4 + b^5\)

Règle de construction. Les bords sont toujours 1. Chaque coefficient intérieur est la somme des deux coefficients qui le surplombent. Par exemple :

Pour prolonger à \(n=6\), on additionne deux à deux les termes de la ligne \(n=5\) et on encadre de 1 : \(\ 1,\ 6,\ 15,\ 20,\ 15,\ 6,\ 1\).

Usage pratique. Pour développer \((a+b)^n\) :

  1. Lire la ligne \(n\) : ce sont les coefficients.
  2. Les puissances de \(a\) décroissent de \(n\) à \(0\), celles de \(b\) croissent de \(0\) à \(n\).
  3. Pour \((a-b)^n\), les signes alternent \(+,-,+,-,\ldots\) (substitution \(b \leftarrow -b\)).

Pourquoi ces coefficients ? Développer \((a+b)^n\) revient à choisir, dans chacun des \(n\) facteurs \((a+b)\), soit \(a\) soit \(b\). Le coefficient de \(a^{n-k}b^k\) est le nombre de façons de choisir \(k\) fois \(b\) parmi \(n\) facteurs — c'est \(\displaystyle\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!(n-k)!}\). La règle d'addition traduit alors la relation :

\[\binom{n}{k} = \binom{n-1}{k-1} + \binom{n-1}{k}\]

Intuitivement : pour choisir \(k\) éléments parmi \(n\), soit on inclut le dernier (il reste \(k-1\) à choisir parmi \(n-1\)), soit on ne l'inclut pas (il reste \(k\) à choisir parmi \(n-1\)).

Symétrie des lignes. On remarque que chaque ligne est symétrique : elle se lit pareil de gauche à droite et de droite à gauche (\(1,4,6,4,1\) par exemple). Ce n'est pas un hasard : \(\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k}\), car choisir \(k\) éléments à inclure parmi \(n\) revient exactement à choisir \(n-k\) éléments à exclure. Les deux opérations décrivent le même choix.

Exemple — Alternance des signes pour \((a-b)^n\) : développer \((x-2)^3\)

On part de la ligne \(n=3\) : coefficients \(1, 3, 3, 1\). On substitue \(b \leftarrow 2\) et on alterne les signes à partir du deuxième terme :

\[ (x-2)^3 = x^3 \;-\; 3 \cdot x^2 \cdot 2 \;+\; 3 \cdot x \cdot 2^2 \;-\; 2^3 = x^3 - 6x^2 + 12x - 8 \]

Pourquoi l'alternance ? On remplace \(b\) par \(-2\) dans \((x+b)^3 = x^3 + 3x^2b + 3xb^2 + b^3\) :

C'est la parité de l'exposant de \(b\) qui détermine le signe : \((-b)^k = (-1)^k b^k\).

Exercice — Développer \((2x+3)^5\) à l'aide du triangle de Pascal

Utiliser la ligne \(n=5\) du tableau (\(1, 5, 10, 10, 5, 1\)) pour développer \((2x+3)^5\). On posera \(a = 2x\) et \(b = 3\), et on n'oubliera pas de calculer les puissances \((2x)^k\) et \(3^k\) pour chaque terme.

Résultat attendu : \(32x^5 + 240x^4 + 720x^3 + 1080x^2 + 810x + 243\).

Proposition 3 — Somme et différence de cubes

Pour tous réels \(a, b\) :

\[ a^3 + b^3 = (a+b)(a^2 - ab + b^2) \] \[ a^3 - b^3 = (a-b)(a^2 + ab + b^2) \]

On retrouve aussi les expressions de \(a+b\) et \(a-b\) en termes de cubes :

\[ a + b = \frac{a^3 + b^3}{a^2 - ab + b^2} \qquad \text{et} \qquad a - b = \frac{a^3 - b^3}{a^2 + ab + b^2} \]

(valables pour \(a \neq \pm b\) selon le cas).

Remarque — Irréductibilité du second facteur

Montrons que \(a^2 - ab + b^2 > 0\) pour tout \((a,b) \neq (0,0)\). On fixe \(b\) et on voit \(a^2 - ab + b^2\) comme un trinôme du second degré en \(a\), de la forme \(Aa^2 + Ba + C\) avec \(A = 1\), \(B = -b\), \(C = b^2\). Son discriminant est :

\[\Delta = B^2 - 4AC = (-b)^2 - 4 \cdot 1 \cdot b^2 = b^2 - 4b^2 = -3b^2\]

Deux cas :

Conclusion : \(a^2 - ab + b^2 = 0 \Leftrightarrow a = b = 0\). Le trinôme n'a donc aucune racine réelle (sauf en \((0,0)\)), et ne peut pas se factoriser en deux facteurs réels du premier degré. De même pour \(a^2 + ab + b^2\) (remplacer \(b\) par \(-b\)).

Exemple — Factorisation de \(8x^3 + 27\)

On reconnaît \(8x^3 + 27 = (2x)^3 + 3^3\), d'où :

\[ 8x^3 + 27 = (2x + 3)(4x^2 - 6x + 9) \]
🔴 Fil rouge — Décomposition de \(a^3 - b^3\) par l'algorithme

La factorisation \(a^3 - b^3 = (a-b)(a^2+ab+b^2)\) se retrouve par division euclidienne de \(X^3 - b^3\) par \((X - b)\) : le reste est nul, et le quotient est \(X^2 + bX + b^2\). Cette technique généralise à \(a^n - b^n\) pour tout \(n \geq 1\).


I.3 Sommes et différences de carrés

Proposition — Identités dérivées du carré

Pour tous réels \(a, b\) :

\[ a^2 + b^2 = (a+b)^2 - 2ab \] \[ a^2 - b^2 = (a+b)(a-b) \]

La seconde est la différence de deux carrés, fondamentale en factorisation.

Exemple — Calcul mental avec \(101 \times 99\)

Calculer \(101 \times 99\) :

\[101 \times 99 = (100+1)(100-1) = 100^2 - 1 = 9999\]
Méthode — Reconnaître le pattern \((a+b)(a-b)\)

Face à un produit de deux nombres (ou expressions), on se pose la question : sont-ils symétriques autour d'un nombre central \(a\) ? C'est-à-dire : peut-on écrire le premier comme \(a + b\) et le second comme \(a - b\) pour un certain \(b\) ?

Cette symétrie autour de \(a\) a une conséquence immédiate : la somme des deux facteurs vaut \((a+b)+(a-b) = 2a\) (le \(b\) disparaît), et leur différence vaut \((a+b)-(a-b) = 2b\). Autrement dit :

\[a = \frac{\text{facteur 1} + \text{facteur 2}}{2} \qquad b = \frac{\text{facteur 1} - \text{facteur 2}}{2}\]

C'est précisément parce que les termes en \(b\) se compensent dans la somme que celle-ci est « ronde » — elle ne dépend que de \(a\). Le calcul du produit devient alors immédiat :

\[(a+b)(a-b) = a^2 - b^2\]

On remplace ainsi une multiplication (opération longue) par une soustraction de carrés (opération courte), à condition que \(a\) soit un nombre agréable à élever au carré.

Exemples :

Signal visuel à repérer : deux facteurs proches l'un de l'autre, équidistants d'un entier rond. Dès qu'on voit ce pattern, la différence de carrés est presque toujours plus rapide que la multiplication posée.

Exercice 1

Factoriser \(4x^2 - 25y^2\), puis \(x^4 - 16\).

Exercice 2

Sachant que \(x + y = 5\) et \(xy = 3\), calculer \(x^2 + y^2\) puis \(x^3 + y^3\).

Résultats : \(x^2 + y^2 = 19\) et \(x^3 + y^3 = 65\). On utilisera \(a^2+b^2 = s^2-2p\) et \(a^3+b^3 = s(s^2-3p)\) — voir exercice 6.

II — Identités de degré 4 et généralisations

II.1 Développements de \((a \pm b)^4\)

Proposition 4 — Puissances quatrièmes de binômes

Pour tous réels \(a, b\) :

\[ (a+b)^4 = a^4 + 4a^3b + 6a^2b^2 + 4ab^3 + b^4 \] \[ (a-b)^4 = a^4 - 4a^3b + 6a^2b^2 - 4ab^3 + b^4 \]

Les coefficients \(1, 4, 6, 4, 1\) sont la quatrième ligne du triangle de Pascal — voir définition et construction.

Complément — Formule du binôme de Newton (généralisation)

Pour tout entier \(n \geq 1\) et tous réels \(a, b\) :

\[ (a+b)^n = \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n-k} b^k \]

où \(\displaystyle\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!(n-k)!}\) est le coefficient binomial. Les identités du carré (\(n=2\)), du cube (\(n=3\)) et de la puissance 4 (\(n=4\)) en sont des cas particuliers.

Exemple — Application de \((a-b)^4\)

Développer \((x - 2)^4\) :

\[ (x-2)^4 = x^4 - 4 \cdot 2x^3 + 6 \cdot 4x^2 - 4 \cdot 8x + 16 = x^4 - 8x^3 + 24x^2 - 32x + 16 \]

II.2 Sommes et différences de puissances 4

Proposition 5 — \(a^4 + b^4\) et \(a^4 - b^4\)

Pour tous réels \(a, b\) :

\[ a^4 + b^4 = (a^2 + b^2)^2 - 2a^2b^2 \] \[ a^4 - b^4 = (a+b)(a-b)(a^2+b^2) \]
Remarque — \(a^4 + b^4\) n'est pas irréductible sur \(\mathbb{R}\)

Contrairement à \(a^2 + b^2\), le polynôme \(a^4 + b^4\) admet une factorisation réelle (non triviale) :

\[ a^4 + b^4 = \bigl(a^2 + ab\sqrt{2} + b^2\bigr)\bigl(a^2 - ab\sqrt{2} + b^2\bigr) \]

Cette factorisation dépasse le cadre de ce chapitre, mais elle illustre que le degré 4 est plus riche que le degré 2 : contrairement à \(a^2+b^2\), la somme \(a^4+b^4\) se factorise sur \(\mathbb{R}\).

Exemple — Factorisation de \(x^4 - 81\)
\[ x^4 - 81 = (x^2)^2 - 9^2 = (x^2+9)(x^2-9) = (x^2+9)(x+3)(x-3) \]
Exercice 3

Factoriser complètement sur \(\mathbb{R}\) : \(16x^4 - 1\).

Exercice 4

Montrer que pour tous entiers \(a, b\), on a \(5 \mid (a^4 - b^4)\) dès que \(5 \mid (a-b)\) ou \(5 \mid (a+b)\).

Correction de l'exercice 4

On part de la factorisation complète de \(a^4 - b^4\) :

\[a^4 - b^4 = (a^2 + b^2)(a+b)(a-b)\]

C'est le geste clé : avant d'écrire quoi que ce soit, on factorise et on observe quels facteurs apparaissent. On voit immédiatement \((a-b)\) et \((a+b)\) comme facteurs explicites du produit.

Cas 1 : \(5 \mid (a-b)\). Alors \(a - b = 5k\) pour un certain entier \(k\). Donc :

\[a^4 - b^4 = (a^2+b^2)(a+b) \cdot \underbrace{(a-b)}_{5k} = 5k(a^2+b^2)(a+b)\]

Le membre de droite est un multiple de 5, donc \(5 \mid a^4 - b^4\). \(\square\)

Cas 2 : \(5 \mid (a+b)\). Même raisonnement avec le facteur \((a+b)\) : \[a^4 - b^4 = (a^2+b^2) \cdot \underbrace{(a+b)}_{5k} \cdot (a-b) = 5k(a^2+b^2)(a-b)\]

Donc \(5 \mid a^4 - b^4\). \(\square\)

Remarque — Ce qu'il fallait voir

La factorisation \(a^4 - b^4 = (a^2+b^2)(a+b)(a-b)\) rend la démonstration immédiate : les deux hypothèses correspondent exactement aux deux facteurs linéaires du produit. Sans cette factorisation, une preuve directe serait nettement plus laborieuse.

III — Récapitulatif et méthodes

III.1 Tableau récapitulatif

Tableau récapitulatif — Toutes les identités
Carré (\(n = 2\))
\((a+b)^2\)\(= a^2 + 2ab + b^2\)
\((a-b)^2\)\(= a^2 - 2ab + b^2\)
\(a^2 + b^2\)\(= (a+b)^2 - 2ab\)
\(a^2 - b^2\)\(= (a+b)(a-b)\)
Cube (\(n = 3\))
\((a+b)^3\)\(= a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3\)
\((a-b)^3\)\(= a^3 - 3a^2b + 3ab^2 - b^3\)
\(a^3 + b^3\)\(= (a+b)(a^2 - ab + b^2)\)
\(a^3 - b^3\)\(= (a-b)(a^2 + ab + b^2)\)
\(a + b\)\(= \dfrac{a^3+b^3}{a^2-ab+b^2}\)  (si \(a \neq -b\))
\(a - b\)\(= \dfrac{a^3-b^3}{a^2+ab+b^2}\)  (si \(a \neq b\))
Puissance 4 (\(n = 4\))
\((a+b)^4\)\(= a^4 + 4a^3b + 6a^2b^2 + 4ab^3 + b^4\)
\((a-b)^4\)\(= a^4 - 4a^3b + 6a^2b^2 - 4ab^3 + b^4\)
\(a^4 + b^4\)\(= (a^2+b^2)^2 - 2a^2b^2\)
\(a^4 - b^4\)\(= (a+b)(a-b)(a^2+b^2)\)

III.2 Méthodes de calcul

Méthode 1 — Choisir la bonne identité

Face à une expression à développer ou factoriser, on procède ainsi :

  1. Identifier la structure : est-ce un carré, un cube, une différence de carrés, une somme/différence de cubes ?
  2. Poser \(u\) et \(v\) : réécrire l'expression sous la forme \((u \pm v)^n\), \(u^n \pm v^n\), etc.
  3. Appliquer l'identité et vérifier le résultat par développement.

Exemple : Factoriser \(27x^3 + 8\). On pose \(u = 3x\), \(v = 2\) : \(27x^3 + 8 = u^3 + v^3 = (3x+2)(9x^2 - 6x + 4)\).

Méthode 2 — Stratégie de factorisation par identité

Pour factoriser un polynôme de degré \(\geq 2\) :

  1. Chercher une racine évidente \(r\) (test en \(0, \pm1, \pm2, \ldots\)).
  2. Diviser par \((X - r)\) (division euclidienne ou Hörner).
  3. Reconnaître éventuellement une identité remarquable dans le quotient.
  4. Répéter jusqu'à irréductibilité des facteurs.

Sur \(\mathbb{R}\), les polynômes irréductibles sont les polynômes de degré 1 et les trinômes du second degré à discriminant strictement négatif.

🔴 Fil rouge — Factorisation complète de \(X^4 - 1\)

On applique successivement deux identités :

\[ X^4 - 1 = (X^2)^2 - 1^2 = (X^2 + 1)(X^2 - 1) = (X^2 + 1)(X+1)(X-1) \]

Le facteur \(X^2 + 1\) est irréductible sur \(\mathbb{R}\) (discriminant \(-4 < 0\)). La factorisation complète sur \(\mathbb{R}\) est donc \((X^2+1)(X+1)(X-1)\).

Exercice 5 — Synthèse

Factoriser complètement sur \(\mathbb{R}\) les expressions suivantes :

  1. \(x^3 - 8\)
  2. \(x^4 - 16x^2\)
  3. \(8a^3 + b^3\)
  4. \((x+1)^4 - (x-1)^4\)
Correction de l'exercice 5 — Question 4

On reconnaît une différence de deux carrés \(A^2 - B^2 = (A+B)(A-B)\) avec \(A = (x+1)^2\) et \(B = (x-1)^2\) :

\[(x+1)^4 - (x-1)^4 = \bigl((x+1)^2 + (x-1)^2\bigr)\bigl((x+1)^2 - (x-1)^2\bigr)\]

On calcule chaque facteur séparément.

Premier facteur :

\[(x+1)^2 + (x-1)^2 = (x^2+2x+1) + (x^2-2x+1) = 2x^2 + 2\]

Second facteur : on reconnaît à nouveau une différence de carrés \((x+1)^2 - (x-1)^2 = \bigl((x+1)+(x-1)\bigr)\bigl((x+1)-(x-1)\bigr)\) :

\[(x+1)^2 - (x-1)^2 = (2x)(2) = 4x\]

Donc :

\[(x+1)^4 - (x-1)^4 = (2x^2+2)(4x) = 8x(x^2+1)\]

Le facteur \(x^2 + 1\) est irréductible sur \(\mathbb{R}\) (discriminant \(-4 < 0\)). La factorisation complète est \(8x(x^2+1)\). \(\square\)

Remarque — Ce qu'il fallait voir

La clé est de reconnaître \(A^4 - B^4 = (A^2+B^2)(A^2-B^2)\) avec \(A = x+1\) et \(B = x-1\), puis d'appliquer une seconde fois la différence de carrés sur \(A^2 - B^2\). Le second facteur \((x+1)^2 - (x-1)^2\) se simplifie remarquablement car \((x+1) + (x-1) = 2x\) et \((x+1) - (x-1) = 2\) — la symétrie de \(x+1\) et \(x-1\) autour de \(x\) fait que les termes constants se compensent.

Exercice 6 — Identités et systèmes

Soient \(s = a + b\) et \(p = ab\). Exprimer en fonction de \(s\) et \(p\) :

  1. \(a^2 + b^2\)
  2. \(a^3 + b^3\)
  3. \(a^4 + b^4\)
Correction de l'exercice 6
  1. \(a^2 + b^2 = (a+b)^2 - 2ab = s^2 - 2p\)
  2. \(a^3 + b^3 = (a+b)(a^2 - ab + b^2)\). Or \(a^2 - ab + b^2 = \underbrace{(a^2+b^2)}_{s^2-2p} - \underbrace{ab}_{p} = s^2 - 3p\). Donc \(a^3 + b^3 = s(s^2-3p) = s^3 - 3sp\).
  3. \(a^4 + b^4 = (a^2+b^2)^2 - 2(ab)^2 = (s^2-2p)^2 - 2p^2 = s^4 - 4s^2p + 2p^2\)

Ces trois résultats illustrent un principe général : toute expression symétrique en \(a\) et \(b\) s'exprime uniquement via \(s = a+b\) et \(p = ab\). On retrouve exactement les calculs de l'exercice 7 avec \(s = 3\) et \(p = 1\).

Exercice 7 — Synthèse

Soit \(x\) un réel non nul tel que \(x + \dfrac{1}{x} = 3\).

Calculer \(x^2 + \dfrac{1}{x^2}\), puis \(x^3 + \dfrac{1}{x^3}\), puis \(x^4 + \dfrac{1}{x^4}\).

Solution de l'exercice 7

Approche naturelle — multiplier par \(x\). On part de \(x + \dfrac{1}{x} = 3\) et on multiplie les deux membres par \(x\) :

\[x^2 + 1 = 3x \quad \text{soit} \quad x^2 = 3x - 1\]

On dispose aussi de \(\dfrac{1}{x} = 3 - x\) (depuis l'hypothèse). Ces deux relations permettent d'exprimer toute puissance de \(x\) et de \(\dfrac{1}{x}\) sans jamais calculer \(x\) explicitement.

L'approche est complète mais les calculs s'alourdissent à chaque étape — les termes en \(x\) s'accumulent avant de se simplifier en fin de calcul.


Approche par identités remarquables — pourquoi y penser ? On remarque que \(x + \dfrac{1}{x}\), \(x^2 + \dfrac{1}{x^2}\), \(x^3 + \dfrac{1}{x^3}\) ont toutes la même structure : si on échange \(x\) et \(\dfrac{1}{x}\), ces expressions restent inchangées. On dit qu'elles sont symétriques en \(x\) et \(\dfrac{1}{x}\).

Il existe un résultat général — formalisé dans le chapitre sur les polynômes et les relations de Viète — qui dit que toute expression symétrique en deux quantités \(a\) et \(b\) s'exprime uniquement via \(a+b\) et \(ab\). Dès qu'on repère cette symétrie, le réflexe est de poser \(a = x\), \(b = \dfrac{1}{x}\), et d'identifier \(a+b = 3\) et \(ab = x \cdot \dfrac{1}{x} = 1\) comme les deux paramètres suffisants. Ce produit \(ab = 1\) va simplifier tous les termes croisés.

Question 1 — \(x^2 + \dfrac{1}{x^2}\). On utilise \(a^2 + b^2 = (a+b)^2 - 2ab\) :

\[x^2 + \frac{1}{x^2} = \left(x + \frac{1}{x}\right)^2 - 2 \cdot x \cdot \frac{1}{x} = 9 - 2 = \mathbf{7}\]

Question 2 — \(x^3 + \dfrac{1}{x^3}\). On utilise \(a^3 + b^3 = (a+b)(a^2 - ab + b^2)\). Le facteur \(a^2 - ab + b^2\) se calcule depuis la question 1 : \(\left(x^2 + \dfrac{1}{x^2}\right) - x \cdot \dfrac{1}{x} = 7 - 1 = 6\). Donc :

\[x^3 + \frac{1}{x^3} = 3 \times 6 = \mathbf{18}\]

Question 3 — \(x^4 + \dfrac{1}{x^4}\). On utilise \(a^4 + b^4 = (a^2+b^2)^2 - 2(ab)^2\) :

\[x^4 + \frac{1}{x^4} = 7^2 - 2 \times 1^2 = 49 - 2 = \mathbf{47}\]

Bilan. L'approche naturelle est complète mais s'alourdit à chaque étape. L'approche par identités, une fois la symétrie reconnue et \(ab = 1\) noté, enchaîne les trois questions de façon fluide — chaque résultat réutilise le précédent. Les termes en \(x\) n'apparaissent même pas.


Méthode — Face à "montrer que \(k\) divise \(f(n)\) pour tout entier \(n\)"

Avant d'écrire quoi que ce soit, on observe. Les questions à se poser :

  1. Quelle est la structure de \(f(n)\) ? Est-ce une expression du type \(a^n - b^n\), ou peut-on la réécrire sous cette forme ? C'est le pattern central à reconnaître.
  2. Le geste souvent invisible : réécrire une constante comme une puissance. Une expression comme \(7^n - 1\) ne ressemble pas immédiatement à \(a^n - b^n\) — jusqu'à ce qu'on remarque que \(1 = 1^n\). Ce n'est pas une astuce magique : c'est l'habitude de se demander « est-ce que je peux donner à chaque terme la même structure ? »
  3. Est-ce que \(k\) est lié à \(a - b\) ? Si on a reconnu \(a^n - b^n\), alors \(a - b\) divise \(a^n - b^n\) (formule générale). Il suffit de vérifier que \(k \mid a - b\), ou que \(k = a - b\) directement.
  4. Si on ne voit pas de factorisation directe : la récurrence. On écrit \(f(n+1)\) en fonction de \(f(n)\) en faisant apparaître \(f(n)\) comme facteur. Pour \(7^n - 1\) par exemple : \[7^{n+1} - 1 = 7 \cdot 7^n - 1 = 7(7^n - 1) + 6\] Si \(6 \mid 7^n - 1\) par hypothèse de récurrence, et \(6 \mid 6\), alors \(6 \mid 7^{n+1} - 1\).
  5. Autre lecture : travailler modulo \(k\). On calcule \(a\) modulo \(k\). Si \(a \equiv 1 \pmod{k}\), alors \(a^n \equiv 1^n = 1 \pmod{k}\), donc \(a^n - 1 \equiv 0 \pmod{k}\). Ici \(7 \equiv 1 \pmod{6}\), donc \(7^n - 1 \equiv 0 \pmod{6}\).

Ces trois approches — factorisation, récurrence, congruence — sont souvent équivalentes. Reconnaître laquelle s'applique le plus naturellement est ce qui s'acquiert avec la pratique. La factorisation est la plus directe quand le pattern \(a^n - b^n\) est visible ; la récurrence est la plus générale ; les congruences sont les plus concises.

Complément — Généralisation : \(a^n - b^n\)

Pour tout entier \(n \geq 1\) et tous réels \(a, b\) :

\[ a^n - b^n = (a - b)\bigl(a^{n-1} + a^{n-2}b + \cdots + ab^{n-2} + b^{n-1}\bigr) = (a-b)\sum_{k=0}^{n-1} a^{n-1-k}b^k \]

Les cas \(n = 2\) (différence de carrés), \(n = 3\) (différence de cubes), \(n = 4\) en sont des instances. Si \(n\) est impair, on a de même :

\[a^n + b^n = (a+b)\bigl(a^{n-1} - a^{n-2}b + \cdots - ab^{n-2} + b^{n-1}\bigr)\]

Démonstration par récurrence.

Initialisation (\(n=1\)) : \(a^1 - b^1 = a - b = (a-b) \times 1\). Vrai.

Hérédité : supposons la formule vraie au rang \(n\), montrons-la au rang \(n+1\). On écrit :

\[a^{n+1} - b^{n+1} = a \cdot a^n - b \cdot b^n\]

On ajoute et soustrait \(a \cdot b^n\) :

\[= a \cdot a^n - a \cdot b^n + a \cdot b^n - b \cdot b^n = a(a^n - b^n) + b^n(a - b)\]

Par hypothèse de récurrence, \(a^n - b^n = (a-b)(a^{n-1} + a^{n-2}b + \cdots + b^{n-1})\), donc :

\[= a(a-b)\bigl(a^{n-1} + \cdots + b^{n-1}\bigr) + b^n(a-b) = (a-b)\bigl(a^n + a^{n-1}b + \cdots + ab^{n-1} + b^n\bigr)\]

Ce qui est bien la formule au rang \(n+1\). \(\square\)

Démonstration directe. On développe le produit \((a-b)(a^{n-1} + a^{n-2}b + \cdots + ab^{n-2} + b^{n-1})\) en distribuant \(a\) puis \(-b\) sur la somme :

\[ a \cdot \bigl(a^{n-1} + a^{n-2}b + a^{n-3}b^2 + \cdots + b^{n-1}\bigr) = a^n + a^{n-1}b + a^{n-2}b^2 + \cdots + ab^{n-1} \] \[ -b \cdot \bigl(a^{n-1} + a^{n-2}b + a^{n-3}b^2 + \cdots + b^{n-1}\bigr) = -a^{n-1}b - a^{n-2}b^2 - \cdots - ab^{n-1} - b^n \]

En additionnant terme à terme, tous les termes intermédiaires \(a^{n-1}b, a^{n-2}b^2, \ldots, ab^{n-1}\) se compensent deux à deux — c'est le caractère télescopique de la somme. Il ne reste que :

\[(a-b)\sum_{k=0}^{n-1} a^{n-1-k}b^k = a^n - b^n \qquad \square\]
Exercice 8 — Application de \(a^n - b^n\)
  1. Factoriser \(x^5 - 32\) puis \(x^6 - 1\) sur \(\mathbb{R}\).
  2. Montrer que pour tout entier \(n \geq 1\), \(6 \mid 7^n - 1\).
  3. Montrer que pour tout entier \(n \geq 1\), \(a - b \mid a^n - b^n\) dans \(\mathbb{Z}\).
Correction de l'exercice 8

Question 1 — Factoriser \(x^5 - 32\) et \(x^6 - 1\).

Pour \(x^5 - 32\) : on écrit \(32 = 2^5\), donc \(x^5 - 32 = x^5 - 2^5\). On applique la formule avec \(a = x\), \(b = 2\), \(n = 5\) :

\[x^5 - 32 = (x - 2)(x^4 + 2x^3 + 4x^2 + 8x + 16)\]

Montrons que \(P(x) = x^4 + 2x^3 + 4x^2 + 8x + 16\) est irréductible sur \(\mathbb{R}\), c'est-à-dire qu'il n'a pas de racine réelle. On cherche le minimum de \(P\). On regroupe les termes en complétant le carré :

\[P(x) = x^4 + 2x^3 + 4x^2 + 8x + 16\]

On regroupe \(x^4 + 2x^3 + x^2 = x^2(x^2 + 2x + 1) = x^2(x+1)^2\), puis les termes restants \(3x^2 + 8x + 16\) :

\[P(x) = x^2(x+1)^2 + 3x^2 + 8x + 16\]

Le trinôme \(3x^2 + 8x + 16\) a pour discriminant \(\Delta = 64 - 192 = -128 < 0\) et coefficient dominant \(3 > 0\) : il est donc strictement positif pour tout réel \(x\). Et \(x^2(x+1)^2 \geq 0\). Donc :

\[P(x) = \underbrace{x^2(x+1)^2}_{\geq\, 0} + \underbrace{3x^2 + 8x + 16}_{>\, 0} > 0 \quad \text{pour tout } x \in \mathbb{R}\]

\(P\) n'a donc aucune racine réelle et est irréductible sur \(\mathbb{R}\). La factorisation complète sur \(\mathbb{R}\) est \((x-2)(x^4 + 2x^3 + 4x^2 + 8x + 16)\). \(\square\)

Pour \(x^6 - 1\) : on dispose de deux stratégies, qu'on peut enchaîner.

Les trinômes \(x^2 + x + 1\) et \(x^2 - x + 1\) sont irréductibles sur \(\mathbb{R}\) (discriminants \(-3 < 0\)). La factorisation complète est :

\[x^6 - 1 = (x-1)(x+1)(x^2+x+1)(x^2-x+1)\]

Question 2 — Montrer que \(6 \mid 7^n - 1\).

On applique la formule \(a^n - b^n = (a-b)(a^{n-1} + \cdots + b^{n-1})\) avec \(a = 7\) et \(b = 1\) :

\[7^n - 1^n = (7 - 1)(7^{n-1} + 7^{n-2} + \cdots + 1) = 6 \times (7^{n-1} + \cdots + 1)\]

Le second facteur est un entier, donc \(6 \mid 7^n - 1\). \(\square\)

Question 3 — Montrer que \(a - b \mid a^n - b^n\) dans \(\mathbb{Z}\).

C'est une conséquence immédiate de la formule générale. Pour \(a, b \in \mathbb{Z}\), on a :

\[a^n - b^n = (a-b)\underbrace{(a^{n-1} + a^{n-2}b + \cdots + b^{n-1})}_{\in\, \mathbb{Z}}\]

Le second facteur est bien un entier (somme de produits d'entiers), donc par définition de la divisibilité dans \(\mathbb{Z}\), on a \(a - b \mid a^n - b^n\). \(\square\)

Remarque — Lien entre les questions

La question 2 est un cas particulier de la question 3 : prendre \(a = 7\), \(b = 1\), ce qui donne \(a - b = 6\). La question 3 est donc la version générale dont la question 2 est une illustration numérique.


Bilan du chapitre et ouverture

Ce chapitre a posé trois familles d'outils qui réapparaîtront tout au long du programme.

Les identités remarquables — carrés, cubes, puissance 4, triangle de Pascal — peuvent s'utiliser dans les deux sens : de gauche à droite pour développer (passer d'un produit à une somme) ou de droite à gauche pour factoriser (passer d'une somme à un produit). La même identité \((a+b)^2 = a^2 + 2ab + b^2\) sert à développer \((x+3)^2\) et à factoriser \(x^2 + 6x + 9\). Les cas \((a+b)^n\) sont des cas particuliers du binôme de Newton \(\displaystyle(a+b)^n = \sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}a^{n-k}b^k\), que l'on étudiera dans le chapitre sur les combinaisons et le dénombrement.

Les identités \(a^2 - b^2\), \(a^3 \pm b^3\), \(a^n - b^n\) réapparaissent dans deux contextes majeurs : l'étude des polynômes (chercher les racines, factoriser sur \(\mathbb{R}\) ou \(\mathbb{C}\)) et l'arithmétique (questions de divisibilité, comme l'exercice 8).

La notion de symétrie en \(a\) et \(b\) — entrevue dans l'exercice 7 — sera formalisée dans le chapitre sur les polynômes symétriques et les relations de Viète : si \(a\) et \(b\) sont les racines d'un trinôme \(x^2 - sx + p\), alors \(s = a+b\) et \(p = ab\) suffisent à exprimer toute quantité symétrique en \(a\) et \(b\). C'est exactement le principe utilisé dans l'exercice 7 pour calculer \(x^2 + \frac{1}{x^2}\), \(x^3 + \frac{1}{x^3}\), \(x^4 + \frac{1}{x^4}\) sans jamais résoudre l'équation.