Ce cours est calibré sur les deux exercices du DM 5. Exercice 1 : valeurs de \(\cos(\pi/8)\) et \(\cos(3\pi/8)\), formule \(\cos(3\theta)=4\cos^3\theta-3\cos\theta\), résolution d'une équation du 3ᵉ degré par substitution trigonométrique. Exercice 2 : étude de \(g_p(x)=\arctan(px)-x\), bijectivité, dérivée d'une réciproque. Les encadrés marqués ⟶ DM5 signalent les résultats directement mobilisés dans le devoir.
| N° | Titre | Chapitre | Astuce / intérêt |
|---|---|---|---|
| 1 | Période de \(\sin(6x-3)\) | II.2 | Identifier la période d'une fonction composée via \(T = 2\pi/|a|\). |
| 2 | Périodicité par récurrence | II.2 | Calculer \(f(x+1)\), \(f(x+2)\)... jusqu'à retomber sur \(f(x)\) — la période émerge du calcul. |
| 3 | Formules de symétrie | II.3 | Traiter terme par terme avec le tableau des symétries — regrouper cos et sin séparément. |
| 4 | Variations de \(\sin^2 x + \cos x\) | II.5 | Factoriser \(f'(x) = \sin x(2\cos x - 1)\) — le signe de sin est constant sur \([0;\pi]\). |
| 5 | Substitution \(t = \tan(x/2)\) | V | Formules de l'arc moitié : cos et sin s'expriment rationnellement en \(t\) — fraction se simplifie en \((1-t)/(1+t)\). |
| 6 | Équations et inéquation trigonométriques | VI | Appliquer les solutions générales, gérer les multiples d'angles, résoudre une inéquation sur le cercle. |
| 7 | Encadrement de arctan | VII.3 | arctan = intégrale de \(1/(1+t^2)\) — comparer à deux rectangles (hauteur min et max) par monotonie. |
| 8 | Courbe de \(\arctan\!\sqrt{(1-\cos x)/(1+\cos x)}\) | VII.3 | Reconnaître \(1\pm\cos x\) → demi-angle → \(\tan^2(x/2)\) → cascade de simplifications → \(|x|/2\). |
| 9 | \(\arctan\tfrac12 + \arctan\tfrac13 = \tfrac\pi4\) | VII.3 | Appliquer tan des deux membres + formule d'addition. Géométriquement : triangle rectangle isocèle dans un rectangle \(3a\times 2a\). |
Dans le plan muni d'un repère orthonormé direct \((O,\vec\imath,\vec\jmath)\), le cercle trigonométrique \((\mathcal{T})\) est le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\). Son équation est \(x^2 + y^2 = 1\).
On note \(I = (1,0)\) le point de départ, situé sur la droite \((T)\) tangente à \((\mathcal{T})\) en \(I\). Le sens de parcours direct est le sens antihoraire ; le sens indirect est le sens des aiguilles d'une montre.
À tout réel \(t\) on associe l'unique point \(J\) de \((\mathcal{T})\) obtenu en enroulant la droite \((T)\) sur le cercle \((\mathcal{T})\) : l'arc \(\overset{\frown}{IJ}\) a pour mesure algébrique \(t\) radians.
Réciproquement, tout point du cercle trigonométrique est associé à une infinité de réels.
Au réel \(\tfrac\pi2\) sur la droite \((T)\), on associe par enroulement le point \(J\) tel que l'arc \(\overset{\frown}{IJ}\) a pour mesure \(\tfrac\pi2\) radians.
Plus généralement, le même point \(J\) est associé par enroulement aux réels \(\tfrac\pi2 + 2k\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\).
Nous en concluons que le point \(J\) est repéré sur \((\mathcal{T})\) par le réel \(\tfrac\pi2\) et plus généralement par tout réel de la forme \(\tfrac\pi2 + k(2\pi)\), avec \(k\in\mathbb{Z}\).
Généralisation à tous les réels. Si le point \(M\) du cercle est associé à un réel \(t_0\), alors tous les réels de la forme \[t_1 = t_0 + 2k\pi, \quad k\in\mathbb{Z},\] lui sont également associés. On dit alors que \(t_0\) et \(t_1\) sont égaux modulo \(2\pi\), ce que l'on note \(t_1 \equiv t_0 \pmod{2\pi}\) ou encore \(t_1 \equiv t_0 \ [2\pi]\).
Parmi tous les réels associés à un point \(M\) du cercle, il en existe un unique appartenant à \(]-\pi;\pi]\). On l'appelle la mesure principale de l'angle associé à \(M\).
Autrement dit, \(t_1\in]-\pi;\pi]\) est la mesure principale si et seulement si \(t_1 \equiv t_0 \pmod{2\pi}\) pour un certain \(t_0\), avec \(t_1\) l'unique représentant dans \(]-\pi;\pi]\).
Soit \(J\) le point de \((\mathcal{T})\) associé au réel \(t\) par enroulement. On pose :
Ainsi \(J = (\cos t,\; \sin t)\).
J est sur le cercle unité, donc \(\|\overrightarrow{OJ}\|^2 = \cos^2 t + \sin^2 t = 1\).
Le radian est l'unité d'angle du Système International. Un angle de \(1\) radian correspond à un arc de longueur \(1\) sur le cercle de rayon \(1\), soit un arc dont la longueur est égale au rayon.
Pour un cercle de rayon \(r\), un angle \(\alpha\) en radians sous-tend un arc de longueur \(l = r\alpha\).
Un tour complet vaut \(360°\) en degrés et \(2\pi\) radians, donc :
\[360° = 2\pi \text{ rad} \qquad\Longleftrightarrow\qquad 1° = \frac{\pi}{180} \text{ rad}.\]| Degrés | \(0°\) | \(30°\) | \(45°\) | \(60°\) | \(90°\) | \(120°\) | \(180°\) | \(360°\) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Radians | \(0\) | \(\dfrac{\pi}{6}\) | \(\dfrac{\pi}{4}\) | \(\dfrac{\pi}{3}\) | \(\dfrac{\pi}{2}\) | \(\dfrac{2\pi}{3}\) | \(\pi\) | \(2\pi\) |
La conversion repose sur une simple règle de proportionnalité : le rapport degrés / radians est constant, égal à \(\dfrac{180}{\pi}\). On peut l'écrire comme une chaîne d'égalités :
\[\frac{30°}{\pi/6} = \frac{45°}{\pi/4} = \frac{60°}{\pi/3} = \frac{90°}{\pi/2} = \frac{180°}{\pi} = \frac{360°}{2\pi} = \frac{180}{\pi}.\]Ainsi, pour toute mesure \(\alpha\) en degrés et \(r\) en radians représentant le même angle :
\[\frac{\alpha}{r} = \frac{180}{\pi} \qquad\Longleftrightarrow\qquad r = \alpha \times \frac{\pi}{180} \qquad\Longleftrightarrow\qquad \alpha = r \times \frac{180}{\pi}.\]En mathématiques de CPGE, tous les angles sont exprimés en radians par défaut. Le degré n'apparaît plus sauf mention explicite.
Dans le premier quadrant \(\bigl[0;\tfrac\pi2\bigr]\), le cercle trigonométrique permet de lire directement les valeurs de cosinus et sinus à partir des angles remarquables.
À connaître par cœur. Moyen mémo : pour \(\theta\in\{0,\,\tfrac\pi6,\,\tfrac\pi4,\,\tfrac\pi3,\,\tfrac\pi2\}\), les valeurs de cos sont \(\tfrac{\sqrt{4}}{2},\;\tfrac{\sqrt{3}}{2},\;\tfrac{\sqrt{2}}{2},\;\tfrac{\sqrt{1}}{2},\;\tfrac{\sqrt{0}}{2}\) — et sin lit la même liste à l'envers.
| \(\theta\) | \(0\) | \(\dfrac{\pi}{6}\) | \(\dfrac{\pi}{4}\) | \(\dfrac{\pi}{3}\) | \(\dfrac{\pi}{2}\) |
|---|---|---|---|---|---|
| \(\cos\theta\) | \(1\) | \(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt{2}}{2}\) | \(\dfrac{1}{2}\) | \(0\) |
| \(\sin\theta\) | \(0\) | \(\dfrac{1}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt{2}}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\) | \(1\) |
| \(\tan\theta\) | \(0\) | \(\dfrac{1}{\sqrt{3}}\) | \(1\) | \(\sqrt{3}\) | — |
Soit P le point du cercle unité associé à \(\pi/3\), et H le pied de la perpendiculaire issue de P sur OI. On a \(\cos(\pi/3) = OH\). Montrons que \(OH = \tfrac{1}{2}\).
Enfin, \(\sin(\pi/3) = PH = \sqrt{OP^2 - OH^2} = \sqrt{1 - \tfrac14} = \dfrac{\sqrt{3}}{2}\).
Soit Q le point du cercle unité associé à \(\pi/6\), et K le pied de la perpendiculaire issue de Q sur l'axe des x. On a \(\sin(\pi/6) = QK\). Montrons que \(QK = \tfrac{1}{2}\) en comparant le triangle OQK au triangle OPH déjà étudié.
| \(\theta\) | \(\dfrac{2\pi}{3}\) | \(\dfrac{3\pi}{4}\) | \(\pi\) |
|---|---|---|---|
| \(\cos\theta\) | \(-\dfrac{1}{2}\) | \(-\dfrac{\sqrt{2}}{2}\) | \(-1\) |
| \(\sin\theta\) | \(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt{2}}{2}\) | \(0\) |
Ces valeurs s'obtiennent par les formules de symétrie : \(\cos(\pi-\theta)=-\cos\theta\), \(\sin(\pi-\theta)=\sin\theta\). Voir section II.2.
| \(\theta\) | \(\dfrac{\pi}{8}\) | \(\dfrac{3\pi}{8}\) |
|---|---|---|
| \(\cos\theta\) | \(\dfrac{\sqrt{2+\sqrt{2}}}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt{2-\sqrt{2}}}{2}\) |
| \(\sin\theta\) | \(\dfrac{\sqrt{2-\sqrt{2}}}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt{2+\sqrt{2}}}{2}\) |
\(\sin(\pi/8) = \cos(3\pi/8)\) et \(\sin(3\pi/8)=\cos(\pi/8)\) car \(\tfrac\pi8 + \tfrac{3\pi}8 = \tfrac\pi2\) (angles complémentaires : \(\sin\theta = \cos(\tfrac\pi2-\theta)\)).
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\) :
\[-1 \leq \cos x \leq 1 \qquad\text{équivalent à}\qquad |\cos x| \leq 1\] \[-1 \leq \sin x \leq 1 \qquad\text{équivalent à}\qquad |\sin x| \leq 1\]Le point associé à \(x\) est sur le cercle unité : son abscisse et son ordonnée sont toutes deux dans \([-1;1]\).
Ces encadrements sont utiles pour majorer des expressions trigonométriques, établir des limites par le théorème des gendarmes, ou vérifier qu'une expression est dans le domaine de définition d'arccos ou arcsin.
Exemples : \(\bigl|\sin x\bigr| \leq 1\) donc \(\dfrac{|\sin x|}{x} \leq \dfrac{1}{|x|} \to 0\) quand \(x\to\pm\infty\) ; ou encore \(|n\sin(1/n)|\leq 1\) pour tout \(n\).
On dit qu'une fonction \(f\) est périodique de période \(T\) (ou \(T\)-périodique) s'il existe un réel \(T > 0\) tel que :
\[\forall x \in \mathcal{D}_f,\quad x + T \in \mathcal{D}_f \quad\text{et}\quad f(x+T) = f(x).\]Les fonctions \(\cos\) et \(\sin\) sont \(2\pi\)-périodiques : pour tout \(x\in\mathbb{R}\), \(\cos(x+2\pi)=\cos x\) et \(\sin(x+2\pi)=\sin x\).
Si \(f\) est \(T\)-périodique, elle est aussi \(kT\)-périodique pour tout \(k\in\mathbb{Z}^*\) (appliquer la relation de périodicité \(|k|\) fois). En particulier, une fonction \(2\pi\)-périodique est aussi \(4\pi\)-périodique, \(6\pi\)-périodique, etc.
On appelle période fondamentale de \(f\) le plus petit réel strictement positif vérifiant la relation de périodicité :
\[T_0 = \inf\Bigl\{T \in \mathbb{R}^{+*} \;\Big|\; \forall x\in\mathcal{D}_f,\; x+T\in\mathcal{D}_f \text{ et } f(x+T)=f(x)\Bigr\}.\]La période fondamentale de \(\cos\) et \(\sin\) est \(2\pi\) ; celle de \(\tan\) est \(\pi\). Cette notion est utile pour identifier la plus courte "unité répétitive" du graphe.
Une fonction \(f\) est \(T\)-périodique si et seulement si sa courbe représentative \(\mathcal{C}_f\) est invariante par la translation de vecteur \(T\vec\imath\) (translation horizontale de longueur \(T\)).
Autrement dit, déplacer la courbe de \(T\) vers la droite (ou vers la gauche) la superpose exactement à elle-même.
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\) et tout \(k\in\mathbb{Z}\) :
\[\cos(x + k\pi) = (-1)^k\cos x \qquad\text{et}\qquad \sin(x + k\pi) = (-1)^k\sin x.\]En particulier, pour \(x = 0\) :
\[\sin(k\pi) = 0 \qquad\text{et}\qquad \cos(k\pi) = (-1)^k.\]Ces formules se déduisent de l'application répétée des formules de symétrie \(\cos(\theta+\pi)=-\cos\theta\) et \(\sin(\theta+\pi)=-\sin\theta\).
La définition de la période fondamentale utilise un inf, pas un min. Il existe des fonctions périodiques pour lesquelles cet inf vaut 0 — elles n'ont donc pas de période minimale. L'exemple le plus célèbre est la fonction indicatrice de \(\mathbb{Q}\), notée \(\mathbf{1}_{\mathbb{Q}}\) (ou \(\chi_{\mathbb{Q}}\)) :
\[\mathbf{1}_{\mathbb{Q}}(x) = \begin{cases} 1 & \text{si } x \in \mathbb{Q} \\ 0 & \text{si } x \in \mathbb{R}\setminus\mathbb{Q}. \end{cases}\]Prérequis — nombres rationnels et irrationnels.
Contrairement à \(\mathbb{N}, \mathbb{Z}, \mathbb{Q}, \mathbb{R}, \mathbb{C}\), l'ensemble des irrationnels \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q}\) n'a pas de symbole universellement normalisé. On croise parfois \(\mathbb{I}\) dans certains ouvrages, mais c'est rare et source de confusion. La raison profonde : \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q}\) n'est pas stable par ses propres opérations internes — c'est un ensemble sans bonne structure algébrique, donc moins naturel à nommer.
| Opération | Résultat | Exemple |
|---|---|---|
| irrationnel + rationnel | irrationnel ✓ | \(e + 1 \notin \mathbb{Q}\) |
| irrationnel × rationnel non nul | irrationnel ✓ | \(2e \notin \mathbb{Q}\) |
| irrationnel + irrationnel | peut être rationnel ✗ | \(\sqrt{2} + (-\sqrt{2}) = 0 \in \mathbb{Q}\) |
| irrationnel × irrationnel | peut être rationnel ✗ | \(\sqrt{2} \times \sqrt{2} = 2 \in \mathbb{Q}\) |
Pour obtenir un rationnel à partir d'un irrationnel \(x\) par multiplication, il faut multiplier par \(0\) (le seul rationnel qui fonctionne), ou par un autre irrationnel bien choisi (\(x \times \tfrac{1}{x} = 1\), mais \(\tfrac{1}{x}\) est lui-même irrationnel).
Démonstration que \(\mathbf{1}_{\mathbb{Q}}\) est \(T\)-périodique pour tout \(T\in\mathbb{Q}^{+*}\).
Soit \(T\in\mathbb{Q}^{+*}\) et \(x\in\mathbb{R}\).
L'ensemble des périodes contient \(\mathbb{Q}^{+*}\), dont l'inf est \(0 \notin \mathbb{Q}^{+*}\). La période fondamentale n'existe donc pas — le min n'est pas atteint.
Ce phénomène est spécifique aux fonctions "pathologiques" : toute fonction continue et périodique admet une période fondamentale.
Quelle est la période de la fonction \(f : x \mapsto \sin(6x - 3)\) ?
La fonction \(\sin\) est \(2\pi\)-périodique. Ici l'argument est \(6x-3\), donc augmenter \(x\) de \(T\) augmente l'argument de \(6T\). Pour que l'argument ait fait un tour complet, il faut \(6T = 2\pi\), soit :
\[T = \frac{2\pi}{6} = \frac\pi3.\]La fonction \(f\) est \(\dfrac\pi3\)-périodique.
Soit \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\) vérifiant, pour tout \(x\in\mathbb{R}\) : \[f(x) \neq 3 \qquad\text{et}\qquad f(x+1) = \frac{f(x)-5}{f(x)-3}.\] Montrer que \(f\) est périodique de période 4.
On calcule successivement \(f(x+1)\), \(f(x+2)\), \(f(x+3)\), \(f(x+4)\) en posant \(a = f(x)\).
On a donc \(f(x+4) = f(x)\) pour tout \(x\in\mathbb{R}\) : \(f\) est périodique de période 4.
Le troisième point utilise le fait que si \(T_1/T_2 = p/q\) (fraction irréductible), alors \(T = qT_1 = pT_2\) est une période commune à \(f\) et \(g\), donc aussi de \(f+g\).
| Transformation | \(\cos(\,\cdot\,)\) devient | \(\sin(\,\cdot\,)\) devient |
|---|---|---|
| \(-\theta\) | \(+\cos\theta\) | \(-\sin\theta\) |
| \(\pi - \theta\) | \(-\cos\theta\) | \(+\sin\theta\) |
| \(\pi + \theta\) | \(-\cos\theta\) | \(-\sin\theta\) |
| \(\dfrac{\pi}{2} - \theta\) | \(+\sin\theta\) | \(+\cos\theta\) |
| \(\dfrac{\pi}{2} + \theta\) | \(-\sin\theta\) | \(+\cos\theta\) |
Les figures ci-dessous illustrent les symétries pour \(\pi - x\), \(\pi + x\) et \(\tfrac\pi2 \pm x\). Le point repéré par \(x\) est \(M\) ; les autres points s'en déduisent par symétrie géométrique.
On écrit \(\tfrac{5\pi}{6} = \pi - \tfrac{\pi}{6}\) et on applique les formules de symétrie :
\[\cos\!\left(\frac{5\pi}{6}\right) = \cos\!\left(\pi - \frac{\pi}{6}\right) = -\cos\frac{\pi}{6} = -\frac{\sqrt{3}}{2}.\] \[\sin\!\left(\frac{5\pi}{6}\right) = \sin\!\left(\pi - \frac{\pi}{6}\right) = +\sin\frac{\pi}{6} = \frac{1}{2}.\]On contrôle sur le cercle : le point associé à \(\tfrac{5\pi}{6}\) est le symétrique par rapport à l'axe des ordonnées du point associé à \(\tfrac{\pi}{6}\) — même hauteur, abscisse opposée.
Simplifier l'expression suivante :
\[E = \cos(\pi - x) + 2\sin\!\left(x + \frac\pi2\right) - 7\sin\!\left(\frac\pi2 - x\right) + \sin(x + 3\pi) + 3\sin(-x).\]On traite chaque terme en appliquant les formules de symétrie.
On écrit \(x + 3\pi = x + \pi + 2\pi\), puis on utilise la période \(2\pi\) puis \(\sin(\theta+\pi) = -\sin\theta\) :
\[\sin(x + 3\pi) = \sin(x + \pi) = -\sin x.\]Pour démontrer ce résultat, on utilise la définition de la continuité :
\(f\) est continue en \(a\) si les trois formulations équivalentes suivantes sont vérifiées :
\[\lim_{x\to a} f(x) = f(a) \quad\iff\quad \lim_{h\to 0} f(a+h) = f(a) \quad\iff\quad \forall\varepsilon>0,\;\exists\eta>0,\;|h|<\eta\;\Longrightarrow\;|f(a+h)-f(a)|<\varepsilon.\]La dernière formulation dit : aussi petite que soit la tolérance \(\varepsilon\) sur les valeurs, on peut trouver un voisinage \(\eta\) autour de \(a\) tel que \(f\) reste dans cette tolérance.
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\) et tout \(h\in\mathbb{R}\), on a :
\[\sin(x+h) - \sin x = 2\cos\!\left(x+\frac{h}{2}\right)\sin\!\left(\frac{h}{2}\right).\]On majore le membre gauche par paliers :
Puisque \(\bigl|\cos(x+\tfrac{h}{2})\bigr| \leq 1\) (encadrement II.1), on peut remplacer ce facteur par 1 — on perd en précision mais on gagne en simplicité :
\[2\cdot\bigl|\cos\!\bigl(x+\tfrac{h}{2}\bigr)\bigr|\cdot\bigl|\sin\!\bigl(\tfrac{h}{2}\bigr)\bigr| \;\leq\; 2\cdot 1 \cdot\bigl|\sin\!\bigl(\tfrac{h}{2}\bigr)\bigr| \;=\; 2\bigl|\sin\!\bigl(\tfrac{h}{2}\bigr)\bigr|.\]Par l'inégalité \(|\sin u| \leq |u|\) (démontrée ci-dessous) :
\[2\bigl|\sin\!\bigl(\tfrac{h}{2}\bigr)\bigr| \leq 2\cdot\bigl|\tfrac{h}{2}\bigr| = |h|.\]Par le théorème des gendarmes, \(\bigl|\sin(x+h)-\sin x\bigr| \to 0\) quand \(h\to 0\) : \(\sin\) est continue en tout \(x\). De même pour \(\cos\).
Deux piliers :
Formule utilisée : \(\sin p - \sin q = 2\cos\!\bigl(\tfrac{p+q}{2}\bigr)\sin\!\bigl(\tfrac{p-q}{2}\bigr)\). L'inégalité \(|\sin u| \leq |u|\) est démontrée ci-dessous.
Majorer, c'est trouver quelque chose de plus grand mais plus simple. On monte une échelle par paliers : à chaque étape, on remplace une expression compliquée par une borne connue, en acceptant de perdre un peu de précision.
La règle clé : \(|A \cdot B| = |A| \cdot |B|\). Donc si \(|A| \leq 1\) : \[|A \cdot B| = |A| \cdot |B| \leq 1 \cdot |B| = |B|.\] Le facteur \(A\) "disparaît" parce qu'on le remplace par sa borne supérieure 1. Si \(|A| \geq 1\), l'inégalité serait dans l'autre sens — c'est pourquoi il est crucial que ce soit \(|\cos| \leq 1\).
Analogie : vous estimez le prix d'un repas sans calculer exactement. Entrée ≤ 10€, plat ≤ 20€, dessert ≤ 8€ → total ≤ 38€. Vous avez majoré — le vrai prix est peut-être 25€, mais vous savez qu'il ne dépasse pas 38€. En analyse, une borne supérieure qui tend vers 0 suffit pour conclure à la convergence.
Sur le cercle unité, le point \(M\) associé à \(x\) a pour ordonnée \(\sin x \geq 0\). La longueur de l'arc \(\widehat{IM}\) vaut \(x\) (définition du radian). La corde verticale \(MH\) (où \(H\) est le pied de la perpendiculaire de \(M\) sur l'axe des \(x\)) vaut \(\sin x\). Une corde est toujours inférieure ou égale à l'arc :
Sur \(]\tfrac\pi2\,;+\infty[\), on a \(\sin x \leq 1\) et \(1 \leq \tfrac\pi2 < x\), donc \(\sin x \leq 1 < x\). A fortiori \(|\sin x| \leq x\).
\(|\sin x| = |\sin(-x)| \leq |-x| = |x|\) (en appliquant le résultat à \(-x > 0\)).
\(\sin\) est dérivable et \(|\sin'| = |\cos| \leq 1\), donc \(|\sin x - \sin 0| \leq 1 \cdot |x - 0|\), soit \(|\sin x| \leq |x|\).
■Pour \(x\in\bigl]0\,;\,\tfrac\pi2\bigr[\), on compare les aires de trois figures inscrites dans le cercle unité :
Le triangle est inclus dans le secteur, lui-même inclus dans le grand triangle :
\[\frac12\sin x \leq \frac12 x \leq \frac12\tan x.\]On divise par \(\tfrac12\sin x > 0\) :
\[1 \leq \frac{x}{\sin x} \leq \frac{1}{\cos x}.\]Comme \(\cos x \to 1\) quand \(x\to 0^+\), par le théorème des gendarmes : \(\dfrac{x}{\sin x} \to 1\), donc \(\dfrac{\sin x}{x} \to 1\). Pour \(x < 0\) : par imparité, \(\dfrac{\sin x}{x} = \dfrac{\sin(-x)}{-x} \to 1\).
■On utilise la limite précédente par un calcul algébrique :
\[\frac{\cos x - 1}{x} = \frac{\cos^2 x - 1}{x(\cos x + 1)} = \frac{-\sin^2 x}{x(\cos x + 1)} = -\frac{\sin x}{x} \cdot \frac{\sin x}{\cos x + 1}.\]Quand \(x\to 0\) : \(\dfrac{\sin x}{x} \to 1\), \(\sin x \to 0\) et \(\cos x + 1 \to 2\), donc :
\[\frac{\cos x - 1}{x} \to -1 \times \frac{0}{2} = 0.\] ■Ces limites permettent de calculer par substitution \(u = ax\) :
\[\lim_{x\to 0}\frac{\sin(ax)}{x} = a \qquad \lim_{x\to 0}\frac{\sin(ax)}{bx} = \frac{a}{b} \qquad (b\neq 0).\]Exemple : \(\displaystyle\lim_{x\to 0}\frac{\tan x}{x} = \lim_{x\to 0}\frac{\sin x}{x}\cdot\frac{1}{\cos x} = 1\times 1 = 1\).
La dérivée de \(\cos\) est \(\cos' = -\sin\). On en déduit le tableau de variation :
| \(x\) | \(-\pi\) | \(-\dfrac\pi2\) | \(0\) | \(\dfrac\pi2\) | \(\pi\) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(\cos'(x) = -\sin x\) | \(+\) | \(0\) | \(+\) | \(0\) | \(-\) | \(0\) | \(-\) | ||
| \(\cos x\) | \(-1\) | ↗ | \(0\) | ↗ | \(1\) | ↘ | \(0\) | ↘ | \(-1\) |
La dérivée de \(\sin\) est \(\sin' = \cos\). On en déduit le tableau de variation :
| \(x\) | \(-\dfrac\pi2\) | \(0\) | \(\dfrac\pi2\) | \(\pi\) | \(\dfrac{3\pi}2\) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(\sin'(x) = \cos x\) | \(0\) | \(+\) | \(1\) | \(+\) | \(0\) | \(-\) | \(-1\) | \(-\) | \(0\) |
| \(\sin x\) | \(-1\) | ↗ | \(0\) | ↗ | \(1\) | ↘ | \(0\) | ↘ | \(-1\) |
La monotonie stricte de \(\cos\) sur \([0;\pi]\) est fondamentale : elle garantit la bijectivité de la restriction qui définit arccos, et donc l'unicité du \(\theta\in[0;\pi]\) vérifiant \(\cos\theta = x\).
Étudier les variations de \(f : x \mapsto \sin^2 x + \cos x\) sur \([0\,;\,\pi]\). Déterminer ses extrema.
On dérive en utilisant \((\sin^2 x)' = 2\sin x \cos x = \sin(2x)\) :
\[f'(x) = 2\sin x\cos x - \sin x = \sin x\,(2\cos x - 1).\]Sur \([0\,;\,\pi]\), \(\sin x \geq 0\). Le signe de \(f'\) est donc celui de \((2\cos x - 1)\).
\[2\cos x - 1 = 0 \iff \cos x = \frac12 \iff x = \frac\pi3 \quad\text{(sur }[0\,;\,\pi]\text{)}.\]| \(x\) | \(0\) | \(\dfrac\pi3\) | \(\pi\) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \(f'(x)\) | \(0\) | \(+\) | \(0\) | \(-\) | \(0\) |
| \(f(x)\) | \(1\) | ↗ | \(\dfrac54\) | ↘ | \(-1\) |
Déjà établie en I.1 (M est sur le cercle unité). On la rappelle ici car elle est utilisée dans toutes les démonstrations de cette section.
Pour tous réels \(a, b\) :
\[\cos(a+b) = \cos a\cos b - \sin a\sin b\] \[\cos(a-b) = \cos a\cos b + \sin a\sin b\] \[\sin(a+b) = \sin a\cos b + \cos a\sin b\] \[\sin(a-b) = \sin a\cos b - \cos a\sin b\]Utiles pour calculer \(\cos(\pi/8)\), \(\sin(\pi/8)\), etc. ⟶ DM5 Q1–Q2
On pose \(\theta = \pi/8\), soit \(2\theta = \pi/4\). La formule de demi-angle donne :
\[\cos^2\!\left(\frac\pi8\right) = \frac{1+\cos(\pi/4)}{2} = \frac{1+\frac{\sqrt{2}}{2}}{2} = \frac{2+\sqrt{2}}{4}.\]Comme \(\pi/8\in\bigl[0;\pi/2\bigr]\), on a \(\cos(\pi/8)>0\), donc :
On pose \(\theta = 3\pi/8\), soit \(2\theta = 3\pi/4\). On a \(\cos(3\pi/4) = -\sqrt{2}/2\) :
\[\cos^2\!\left(\frac{3\pi}{8}\right) = \frac{1+\cos(3\pi/4)}{2} = \frac{1-\frac{\sqrt{2}}{2}}{2} = \frac{2-\sqrt{2}}{4}.\]Comme \(3\pi/8\in\bigl[0;\pi/2\bigr]\), on a \(\cos(3\pi/8)>0\), donc :
Pour Q2 : \(\sin(\pi/8) = \cos(\pi/2 - \pi/8) = \cos(3\pi/8)\) et \(\sin(3\pi/8) = \cos(\pi/8)\) (angles complémentaires).
On développe via la formule d'addition : \(\cos(3\theta) = \cos(2\theta + \theta)\) :
\[\cos(3\theta) = \cos(2\theta)\cos\theta - \sin(2\theta)\sin\theta.\]On substitue \(\cos(2\theta) = 2\cos^2\theta-1\) et \(\sin(2\theta)=2\sin\theta\cos\theta\) :
\[= (2\cos^2\theta-1)\cos\theta - 2\sin^2\theta\cos\theta = 2\cos^3\theta - \cos\theta - 2(1-\cos^2\theta)\cos\theta = 4\cos^3\theta - 3\cos\theta.\] ■Pour \(x\in[-1;1]\), poser \(x=\cos\theta\) avec \(\theta\in[0;\pi]\). Alors :
\[8x^3 - 6x = \sqrt{2-\sqrt{2}} \iff 2\underbrace{(4\cos^3\theta - 3\cos\theta)}_{=\;\cos(3\theta)} = \sqrt{2-\sqrt{2}} \iff \cos(3\theta) = \frac{\sqrt{2-\sqrt{2}}}{2} = \cos\!\left(\frac{3\pi}{8}\right).\]S'obtiennent en additionnant ou soustrayant deux formules d'addition pour cos ou sin.
Dans un triangle rectangle, les fonctions cos et sin ont une interprétation géométrique directe en termes de rapports de longueurs. Cette section établit le lien entre la définition par le cercle unité et la définition classique par les côtés du triangle.
Soit un triangle rectangle en \(A\), d'angle \(x\) en \(O\) avec \(x\in\left]0;\tfrac\pi2\right[\). On note \(OB\) l'hypoténuse, \(OA\) le côté adjacent à \(x\) et \(AB\) le côté opposé à \(x\).
SOH · CAH · TOA
Dans un triangle \(ABC\) quelconque, en notant \(a = BC\), \(b = CA\), \(c = AB\) et \(\hat A\), \(\hat B\), \(\hat C\) les angles aux sommets correspondants :
\[a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos\hat A\] \[b^2 = a^2 + c^2 - 2ac\cos\hat B\] \[c^2 = a^2 + b^2 - 2ab\cos\hat C\]Pour \(\hat A = \pi/2\), on retrouve le théorème de Pythagore : \(a^2 = b^2 + c^2\).
On abaisse la hauteur \(h\) depuis \(C\) sur la droite \((AB)\), de pied \(H\). Cela crée deux triangles rectangles \(CHA\) et \(CHB\).
Par Pythagore et trigonométrie :
\[AH = b\cos\hat A \qquad h^2 = b^2 - b^2\cos^2\hat A.\]On a \(HB = AB - AH = c - b\cos\hat A\). Par Pythagore :
\[a^2 = h^2 + HB^2 = \bigl(b^2 - b^2\cos^2\hat A\bigr) + \bigl(c - b\cos\hat A\bigr)^2.\]Si \(\hat A\) est obtus, le pied \(H\) tombe à l'extérieur de \([AB]\). Mais \(\cos\hat A < 0\), donc \(b\cos\hat A < 0\), et le calcul algébrique reste identique — le signe de \(\cos\hat A\) gère automatiquement les deux cas.
Dans un triangle \(ABC\) :
\[\frac{a}{\sin\hat A} = \frac{b}{\sin\hat B} = \frac{c}{\sin\hat C}\]On trace la hauteur \(h\) issue de \(C\), de pied \(H\) sur \([AB]\).
Dans le triangle CHA, rectangle en \(H\) :
\[\sin\hat A = \frac{h}{b} \quad\Longrightarrow\quad h = b\sin\hat A.\]Dans le triangle CHB, rectangle en \(H\) :
\[\sin\hat B = \frac{h}{a} \quad\Longrightarrow\quad h = a\sin\hat B.\]En égalisant les deux expressions de \(h\) :
\[b\sin\hat A = a\sin\hat B \quad\Longrightarrow\quad \frac{a}{\sin\hat A} = \frac{b}{\sin\hat B}.\]Par le même raisonnement en traçant la hauteur issue de \(B\), on obtient \(\dfrac{b}{\sin\hat B} = \dfrac{c}{\sin\hat C}\), d'où :
\[\frac{a}{\sin\hat A} = \frac{b}{\sin\hat B} = \frac{c}{\sin\hat C}.\]Si le triangle est obtusangle en \(B\), le pied \(H\) tombe à l'extérieur de \([AB]\). On a alors \(\sin(\pi - \hat B) = \sin\hat B\), donc le résultat reste valide.
Dans un triangle \(ABC\) de rayon du cercle circonscrit \(R\) :
\[\frac{a}{\sin\hat A} = \frac{b}{\sin\hat B} = \frac{c}{\sin\hat C} = 2R\]
Soit \(O\) le centre du cercle circonscrit de rayon \(R\), et \(\hat A = \alpha\).
L'angle \(\widehat{BOC}\) est un angle au centre qui intercepte le même arc \(BC\) que l'angle inscrit \(\hat A = \alpha\). Par le théorème de l'angle au centre :
\[\widehat{BOC} = 2\alpha.\]Le triangle \(BOC\) est isocèle en \(O\) car \(OB = OC = R\). Dans un triangle isocèle, la bissectrice issue du sommet (ici \(O\)) est aussi la hauteur et la médiane : elle coupe la base \(BC\) en son milieu \(H\) à angle droit.
La bissectrice issue de \(O\) divise l'angle \(\widehat{BOC} = 2\alpha\) en deux angles égaux, donc \(\widehat{BOH} = \alpha\). Dans le triangle rectangle \(BOH\) :
\[\sin\alpha = \frac{BH}{OB} = \frac{a/2}{R}\]donc \(a = 2R\sin\alpha\), ce qui donne bien :
\[\frac{a}{\sin\hat A} = 2R.\]Par symétrie, le même raisonnement s'applique aux côtés \(b\) et \(c\).
■L'aire d'un triangle de côtés \(a\), \(b\), \(c\) est :
\[\mathcal{A} = \sqrt{s(s-a)(s-b)(s-c)} \qquad \text{où} \quad s = \frac{a+b+c}{2}\]\(s\) est le demi-périmètre du triangle.
Appelons \(E\) le pied de la hauteur issue de \(A\) sur \([BC]\), \(x = EC\) et \(h = AE\). L'aire vaut \(\mathcal{A} = \tfrac12 ah\).
Le théorème de Pythagore dans les deux triangles rectangles \(AEB\) et \(AEC\) donne :
\[c^2 = h^2 + x^2 \qquad\text{et}\qquad b^2 = h^2 + (a-x)^2.\]En soustrayant : \(b^2 - c^2 = (a-x)^2 - x^2 = a^2 - 2ax\), donc :
\[x = \frac{a^2 + c^2 - b^2}{2a} \qquad\text{puis}\qquad h^2 = c^2 - x^2 = c^2 - \left(\frac{a^2+c^2-b^2}{2a}\right)^2.\]On a \(a+b+c = 2s\), \(b+c-a = 2(s-a)\), \(a+c-b = 2(s-b)\), \(a+b-c = 2(s-c)\), donc :
\[\mathcal{A}^2 = \frac{1}{16} \cdot 2(s-c)\cdot 2(s-a)\cdot 2(s-b)\cdot 2s = s(s-a)(s-b)(s-c).\]En prenant la racine (aire positive) :
\[\mathcal{A} = \sqrt{s(s-a)(s-b)(s-c)}.\] ■On dispose aussi de la formule directe :
\[\mathcal{A} = \frac{1}{2}\,bc\sin\hat A = \frac{1}{2}\,ac\sin\hat B = \frac{1}{2}\,ab\sin\hat C.\]On prend la base \(a = BC\) et la hauteur \(h\) issue de \(A\). Dans le triangle rectangle \(AEB\) (où \(E\) est le pied de la hauteur) :
Dans le triangle rectangle \(AEB\) :
\[\sin\hat A = \frac{h}{c} \quad\Longrightarrow\quad h = c\sin\hat A.\]L'aire du triangle vaut alors :
\[\mathcal{A} = \frac{1}{2} \times a \times h = \frac{1}{2} \times a \times c\sin\hat A = \frac{1}{2}\,ac\sin\hat B.\]Par symétrie en choisissant successivement les bases \(b\) et \(c\), on obtient les deux autres formes.
■Pour tout \(\theta \notin \frac\pi2 + \mathbb{Z}\pi\) :
\[\tan\theta = \frac{\sin\theta}{\cos\theta}.\]Trois lectures géométriques convergent vers la même définition.
Sur la figure 2, le triangle \(OIT\) et le triangle \(OMH\) (où \(H\) est le pied de la perpendiculaire de \(M\) sur \(OI\)) sont semblables par le théorème de Thalès (droites \(MH\) et \(IT\) parallèles). On obtient :
\[\frac{IT}{OI} = \frac{MH}{OH} \quad\Longrightarrow\quad IT = \frac{MH}{OH} = \frac{\sin x}{\cos x}.\]L'ordonnée du point \(T\) sur la droite tangente en \(I\) s'appelle la tangente de \(x\) — c'est l'origine historique du nom.
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\) :
\[\cos x \neq 0 \quad\Longleftrightarrow\quad x \neq \frac\pi2 + k\pi,\; k\in\mathbb{Z}.\]En effet, \(\cos x = 0\) si et seulement si le point associé à \(x\) a pour abscisse \(0\), c'est-à-dire se trouve sur l'axe des ordonnées, ce qui se produit exactement pour \(x = \tfrac\pi2 + k\pi\), \(k\in\mathbb{Z}\).
La fonction \(\tan\) est dérivable sur son domaine \(\mathbb{R}\setminus\bigl\{\tfrac\pi2 + k\pi,\; k\in\mathbb{Z}\bigr\}\) et :
\[\tan'(x) = 1 + \tan^2(x) = \frac{1}{\cos^2 x}.\]En particulier, \(\tan'(x) = \dfrac{1}{\cos^2 x} > 0\) sur tout son domaine, donc \(\tan\) est strictement croissante sur chaque intervalle \(\left]-\tfrac\pi2 + k\pi\,;\,\tfrac\pi2 + k\pi\right[\), \(k\in\mathbb{Z}\).
Preuve directe depuis la définition :
\[\tan(x+\pi) = \frac{\sin(x+\pi)}{\cos(x+\pi)} = \frac{-\sin x}{-\cos x} = \tan x.\]Donc \(\pi\) est bien une période. Et \(2\pi\) est aussi une période (tout multiple d'une période l'est), mais ce n'est pas la période minimale.
Pourquoi 2π ne suffit pas à décrire le comportement :
Sur \([0\,;2\pi[\), tan a deux branches — elle diverge en \(\tfrac\pi2\) et repart de \(-\infty\). Elle complète donc deux cycles en \(2\pi\), pas un seul. La période fondamentale est bien \(\pi\).
Argument géométrique :
Sur le cercle, \(M(x)\) et \(M(x+\pi)\) sont symétriques par rapport à O : \[(\cos(x+\pi),\;\sin(x+\pi)) = (-\cos x,\;-\sin x).\] Le rapport \(\sin/\cos\) donne le même résultat car les deux signes se compensent. Un demi-tour suffit à retrouver la même valeur de tan — contrairement à sin et cos qui nécessitent un tour complet pour revenir au même point.
| Fonction | Un demi-tour restitue la même valeur ? | Période fondamentale |
|---|---|---|
| \(\sin,\;\cos\) | Non — il faut revenir au même point | \(2\pi\) |
| \(\tan\) | Oui — sin et cos changent de signe ensemble, le rapport est invariant | \(\pi\) |
C'est la différence entre l'invariance du point (sin, cos) et l'invariance du rapport (tan). Écrire \(+2k\pi\) ne décrirait qu'un intervalle sur deux — on raterait par exemple \(]\tfrac\pi2\,;\,\tfrac{3\pi}2[\).
| \(x\) | \(-\dfrac\pi2\) | \(0\) | \(\dfrac\pi2\) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \(\tan'(x) = \dfrac{1}{\cos^2 x}\) | \(+\) | \(1\) | \(+\) | ||
| \(\tan x\) | \(-\infty\) | ↗ | \(0\) | ↗ | \(+\infty\) |
On dérive \(\tan x = \dfrac{\sin x}{\cos x}\) par la règle du quotient \(\left(\dfrac{u}{v}\right)' = \dfrac{u'v - uv'}{v^2}\) avec \(u = \sin x\), \(v = \cos x\) :
\[\tan'(x) = \frac{\cos x \cdot \cos x - \sin x \cdot (-\sin x)}{\cos^2 x} = \frac{\cos^2 x + \sin^2 x}{\cos^2 x} = \frac{1}{\cos^2 x}.\]On reconnaît \(1 + \tan^2 x = 1 + \dfrac{\sin^2 x}{\cos^2 x} = \dfrac{\cos^2 x + \sin^2 x}{\cos^2 x} = \dfrac{1}{\cos^2 x}\), d'où les deux formes équivalentes.
■En \(x = 0\) : \(\tan'(0) = \dfrac{1}{\cos^2 0} = \dfrac{1}{1} = 1\).
La tangente à la courbe de \(\tan\) au point \((0, \tan(0)) = (0, 0)\) a pour pente \(\tan'(0) = 1\) et passe par l'origine, donc son équation est :
\[(T_{\tan})_0 \;:\; y = x.\]Ceci est cohérent avec la limite usuelle \(\displaystyle\lim_{x\to 0}\frac{\tan x}{x} = 1\) (établie en II.4) : au voisinage de 0, \(\tan x \approx x\). La droite \(y = x\) est aussi la bissectrice des axes — ce qui explique géométriquement pourquoi arctan et tan sont "proches" de l'identité près de l'origine, et pourquoi leurs courbes se coupent à 45° en O.
Sur le cercle trigonométrique, tan se lit sur deux droites verticales de directions opposées :
On en déduit les formules de symétrie :
| Formule | Lecture géométrique | Calcul algébrique |
|---|---|---|
| \(\tan(\pi - x) = -\tan x\) | M' symétrique de M / axe des y → rayon coupe \(x=-1\) à la même hauteur que T sur \(x=1\), mais orientation inversée → valeur opposée. | \(\dfrac{\sin(\pi-x)}{\cos(\pi-x)} = \dfrac{\sin x}{-\cos x} = -\tan x\) |
| \(\tan(\pi + x) = \tan x\) | M'' symétrique de M / O → rayon coupe \(x=1\) au même point T (même droite, même sens). C'est la périodicité \(\pi\). | \(\dfrac{\sin(\pi+x)}{\cos(\pi+x)} = \dfrac{-\sin x}{-\cos x} = \tan x\) |
| \(\tan\!\left(\tfrac\pi2 - x\right) = \dfrac{1}{\tan x}\) | Le rayon devient quasi-vertical quand \(x\to\tfrac\pi2\) : T monte vers \(\pm\infty\). On ne peut plus lire sur les droites verticales → on passe par le calcul. | \(\dfrac{\sin(\frac\pi2-x)}{\cos(\frac\pi2-x)} = \dfrac{\cos x}{\sin x} = \dfrac{1}{\tan x}\) |
| \(\tan\!\left(\tfrac\pi2 + x\right) = -\dfrac{1}{\tan x}\) | Même raison : T tend vers \(\pm\infty\) → lecture géométrique impossible → calcul algébrique. | \(\dfrac{\sin(\frac\pi2+x)}{\cos(\frac\pi2+x)} = \dfrac{\cos x}{-\sin x} = -\dfrac{1}{\tan x}\) |
Les formules \(\tan(\tfrac\pi2\pm x)\) font apparaître la cotangente \(\cotan x = \dfrac{1}{\tan x} = \dfrac{\cos x}{\sin x}\), définie pour \(x\notin\mathbb{Z}\pi\). Ces formules montrent que tan et cotan sont "duales" par translation de \(\tfrac\pi2\).
Et le cas particulier \(b = a\) :
\[\tan(2a) = \frac{2\tan a}{1 - \tan^2 a} \qquad\text{pour } a \notin \left\{\frac\pi4 + \frac{k\pi}{2},\; k\in\mathbb{Z}\right\}.\]On divise la relation fondamentale \(\cos^2\theta+\sin^2\theta=1\) par \(\cos^2\theta \neq 0\) :
\[1 + \frac{\sin^2\theta}{\cos^2\theta} = \frac{1}{\cos^2\theta} \quad\Longrightarrow\quad 1+\tan^2\theta = \frac{1}{\cos^2\theta}.\]On part de la définition et des formules d'addition :
\[\tan(a+b) = \frac{\sin(a+b)}{\cos(a+b)} = \frac{\sin a\cos b + \cos a\sin b}{\cos a\cos b - \sin a\sin b}.\]On divise numérateur et dénominateur par \(\cos a\cos b \neq 0\) :
\[= \frac{\dfrac{\sin a}{\cos a} + \dfrac{\sin b}{\cos b}}{1 - \dfrac{\sin a}{\cos a}\cdot\dfrac{\sin b}{\cos b}} = \frac{\tan a + \tan b}{1 - \tan a\tan b}.\]On pose \(b = a\) dans la formule précédente :
\[\tan(2a) = \frac{\tan a + \tan a}{1 - \tan a \cdot \tan a} = \frac{2\tan a}{1 - \tan^2 a}.\]Deux conditions sont nécessaires :
Cette deuxième condition s'interprète directement : \(\tan(2a)\) est défini ssi \(2a \neq \dfrac\pi2 + k\pi\), soit \(a \neq \dfrac\pi4 + \dfrac{k\pi}{2}\) — ce qui regroupe les deux conditions. En effet :
\[a \notin \left\{\frac\pi4 + \frac{k\pi}{2},\; k\in\mathbb{Z}\right\} = \left\{\ldots,\; -\frac{3\pi}4,\; -\frac\pi4,\; \frac\pi4,\; \frac{3\pi}4,\; \frac{5\pi}4,\;\ldots\right\}.\]Ce sont exactement les valeurs où soit \(\tan a\) n'est pas défini (\(a = \tfrac\pi2 + k\pi\)), soit le dénominateur s'annule (\(a = \tfrac\pi4 + k\pi\) ou \(a = -\tfrac\pi4 + k\pi\)).
■La droite \(x = \tfrac\pi2\) est une asymptote verticale de la courbe de tan (et de même pour \(x = \tfrac\pi2 + k\pi\) par périodicité).
\[\lim_{x\to 0}\frac{\tan x}{x} = 1\]Au voisinage de 0, \(\tan x \sim x\) : cohérent avec la tangente à la courbe en O d'équation \(y = x\).
En \(x\to\tfrac\pi2^-\) : \(\cos x \to 0^+\) et \(\sin x \to 1 > 0\), donc \(\tan x = \dfrac{\sin x}{\cos x} \to +\infty\).
En \(x\to\tfrac\pi2^+\) : \(\cos x \to 0^-\) et \(\sin x \to 1 > 0\), donc \(\tan x = \dfrac{\sin x}{\cos x} \to -\infty\).
On factorise :
\[\frac{\tan x}{x} = \frac{\sin x}{x} \cdot \frac{1}{\cos x}.\]Quand \(x\to 0\) : \(\dfrac{\sin x}{x} \to 1\) (limite usuelle, II.4) et \(\dfrac{1}{\cos x} \to 1\), donc :
\[\lim_{x\to 0}\frac{\tan x}{x} = 1 \times 1 = 1.\] ■Sans se soucier du domaine de définition, exprimer \(\dfrac{\cos x}{1 + \sin x}\) en fonction de \(t = \tan\!\left(\dfrac{x}{2}\right)\).
On utilise les formules de l'arc moitié : en posant \(t = \tan\!\bigl(\tfrac{x}{2}\bigr)\), on a les expressions universelles :
\[\cos x = \frac{1-t^2}{1+t^2} \qquad \sin x = \frac{2t}{1+t^2}.\]On pose \(u = x/2\). Par les formules de duplication : \[\cos x = \cos(2u) = 1 - 2\sin^2 u = \frac{\cos^2 u - \sin^2 u}{\cos^2 u + \sin^2 u} = \frac{1 - \tan^2 u}{1 + \tan^2 u} = \frac{1-t^2}{1+t^2}.\] \[\sin x = \sin(2u) = 2\sin u\cos u = \frac{2\sin u\cos u}{\cos^2 u + \sin^2 u} = \frac{2\tan u}{1+\tan^2 u} = \frac{2t}{1+t^2}.\]
Cette substitution \(t = \tan(x/2)\) est très utile en intégration pour transformer des fractions rationnelles en sin et cos en fractions rationnelles en \(t\).
| Équation | Solutions générales | Notation modulo |
|---|---|---|
| \(\cos\theta=\cos\alpha\) | \(\theta = \alpha + 2k\pi\quad\) ou \(\quad\theta = -\alpha + 2k\pi\) | \(\theta \equiv \alpha\ [2\pi]\quad\) ou \(\quad\theta \equiv -\alpha\ [2\pi]\) |
| \(\sin\theta=\sin\alpha\) | \(\theta = \alpha + 2k\pi\quad\) ou \(\quad\theta = \pi-\alpha + 2k\pi\) | \(\theta \equiv \alpha\ [2\pi]\quad\) ou \(\quad\theta \equiv \pi-\alpha\ [2\pi]\) |
| \(\tan\theta=\tan\alpha\) | \(\theta = \alpha + k\pi\) | \(\theta \equiv \alpha\ [\pi]\) |
Sur le cercle trigonométrique, \(\cos\theta = \cos\alpha\) signifie que les points associés à \(\theta\) et \(\alpha\) ont la même abscisse : il y a exactement deux positions possibles, \(\alpha\) et \(-\alpha\) (symétriques par rapport à l'axe des \(x\)).
De même, \(\sin\theta = \sin\alpha\) signifie même ordonnée : les deux positions sont \(\alpha\) et \(\pi - \alpha\) (symétriques par rapport à l'axe des \(y\)).
\(x=\cos\theta\), \(\theta\in[0;\pi]\), d'où \(3\theta\in[0;3\pi]\) :
\[2\cos(3\theta) = \sqrt{2-\sqrt{2}} = 2\cos\!\left(\frac{3\pi}8\right) \iff \cos(3\theta)=\cos\!\left(\frac{3\pi}8\right).\]Famille 1 : \(\theta_1=\tfrac\pi8\) (\(k=0\)) et \(\theta_2=\tfrac{19\pi}{24}\) (\(k=1\)).
Famille 2 : \(\theta_3=\tfrac{13\pi}{24}\) (\(k=1\)).
Le polynôme est de degré 3, il a au plus 3 racines réelles. On en a trouvé 3 : c'est l'ensemble solution complet.
Décomposer \(\tfrac{13\pi}{24} = \tfrac\pi3+\tfrac\pi8\) et appliquer la formule d'addition de cos en utilisant \(\cos(\pi/8)\), \(\sin(\pi/8)\), \(\cos(\pi/3)\), \(\sin(\pi/3)\).
■La méthode de Cardan résout \(t^3 + pt + q = 0\) algébriquement, mais produit des radicaux cubiques d'expressions complexes (le casus irreducibilis) dès que le discriminant est positif (trois racines réelles distinctes). La substitution \(x=\cos\theta\) est alors bien plus élégante.
On reconnaît \(\dfrac{\sqrt{3}}{2} = \cos\!\left(\dfrac{\pi}{6}\right)\). L'équation devient :
\[\cos\!\left(\frac{x}{2}\right) = \cos\!\left(\frac\pi6\right) \iff \frac{x}{2} \equiv \frac\pi6\ [2\pi] \quad\text{ou}\quad \frac{x}{2} \equiv -\frac\pi6\ [2\pi].\]En multipliant par \(2\) :
\[x \equiv \frac\pi3\ [4\pi] \quad\text{ou}\quad x \equiv -\frac\pi3\ [4\pi].\]On transforme \(\cos(2x) = \sin\!\left(\tfrac\pi2 - 2x\right)\) (formule de complémentarité). L'équation devient :
\[\sin(3x) = \sin\!\left(\frac\pi2 - 2x\right).\]Solutions générales :
Famille 1 : \(3x \equiv \dfrac\pi2 - 2x\ [2\pi]\) soit \(5x \equiv \dfrac\pi2\ [2\pi]\), donc :
\[x \equiv \frac\pi{10}\ \left[\frac{2\pi}{5}\right].\]Famille 2 : \(3x \equiv \pi - \left(\dfrac\pi2 - 2x\right)\ [2\pi]\) soit \(3x \equiv \dfrac\pi2 + 2x\ [2\pi]\), donc \(x \equiv \dfrac\pi2\ [2\pi]\).
On résout d'abord l'équation \(\sin(x) = \dfrac{\sqrt{3}}{2}\). On reconnaît \(\dfrac{\sqrt{3}}{2} = \sin\!\left(\dfrac\pi3\right)\), dont les solutions sur \([0; 2\pi[\) sont :
\[x = \frac\pi3 \qquad\text{et}\qquad x = \pi - \frac\pi3 = \frac{2\pi}3.\]Sur \([0;2\pi[\), sin dépasse \(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\) entre ces deux valeurs. L'inéquation \(\sin x \leq \dfrac{\sqrt{3}}{2}\) est donc vérifiée en dehors de cet intervalle :
\[\sin x \leq \frac{\sqrt{3}}{2} \iff x \notin \left]\frac\pi3;\frac{2\pi}3\right[ \pmod{2\pi}.\]Autrement dit : \(x \in \mathbb{R}\) tel que \(x \equiv \left[-\pi;\frac\pi3\right]\ [2\pi]\) ou \(x\equiv\left[\frac{2\pi}3;\pi\right]\ [2\pi]\), c'est-à-dire tout \(x\) sauf l'intervalle ouvert \(\left]\tfrac\pi3;\tfrac{2\pi}3\right[\) modulo \(2\pi\).
Les fonctions \(\cos\), \(\sin\), \(\tan\) sont périodiques, donc non injectives sur \(\mathbb{R}\) : elles prennent la même valeur en une infinité de points. Cependant, il nous arrive d'avoir besoin de ces fonctions inverses — remonter au(x) antécédent(s) d'une valeur. En réduisant l'ensemble de départ à un intervalle sur lequel la fonction est bijective, on obtient une unique fonction réciproque sur cette restriction.
Ces résultats découlent des tableaux de variation de II.5 et du théorème de la bijection (toute fonction continue et strictement monotone sur un segment réalise une bijection sur son image).
On appelle arc cosinus, noté \(\arccos\), la bijection réciproque de la restriction de \(\cos\) à \([0;\pi]\) :
\[\arccos \;:\; [-1;1] \longrightarrow [0;\pi].\]Pour \(x\in[-1;1]\) et \(\theta\in[0;\pi]\) : \[\arccos(x) = \theta \iff \cos\theta = x.\] \(\arccos(x)\) est l'angle de \([0;\pi]\) dont le cosinus vaut \(x\).
On a \(\cos'(x) = -\sin x \leq 0\) sur \([0;\pi]\), avec égalité seulement en \(0\) et \(\pi\). Donc \(\cos\) est strictement décroissante sur \([0;\pi]\) (établi en II.5).
Soient \(x_1 < x_2\) dans \([-1;1]\). Posons \(\theta_1 = \arccos(x_1)\) et \(\theta_2 = \arccos(x_2)\), de sorte que \(\cos(\theta_1) = x_1\) et \(\cos(\theta_2) = x_2\).
Supposons par l'absurde que \(\theta_1 \leq \theta_2\). Comme \(\cos\) est décroissante sur \([0;\pi]\) : \[\theta_1 \leq \theta_2 \;\Longrightarrow\; \cos(\theta_1) \geq \cos(\theta_2) \;\Longrightarrow\; x_1 \geq x_2.\] Ceci contredit \(x_1 < x_2\). Donc \(\theta_1 > \theta_2\), c'est-à-dire : \[\arccos(x_1) > \arccos(x_2).\]
Pour tout \(x_1 < x_2\) dans \([-1;1]\), on a \(\arccos(x_1) > \arccos(x_2)\) : \(\arccos\) est strictement décroissante sur \([-1;1]\).
■La fonction \(\arccos\) est dérivable sur \(]-1\,;\,1[\) et :
\[(\arccos)'(x) = -\frac{1}{\sqrt{1-x^2}} \qquad \forall x\in\,]-1\,;\,1[.\]Plus généralement, si \(u\) est dérivable et à valeurs dans \(]-1\,;\,1[\) :
\[\bigl(\arccos(u(x))\bigr)' = -\frac{u'(x)}{\sqrt{1-u(x)^2}}.\]Si \(f\) est bijective et dérivable en \(\theta\) avec \(f'(\theta)\neq 0\), alors \(f^{-1}\) est dérivable en \(x = f(\theta)\) et : \[(f^{-1})'(x) = \frac{1}{f'(f^{-1}(x))}.\]
On pose \(f = \cos\) et \(f^{-1} = \arccos\). Pour \(x\in\,]-1\,;\,1[\), on note \(\theta = \arccos(x)\in\,]0\,;\,\pi[\), donc \(\cos\theta = x\).
La dérivée de \(\cos\) est \(\cos'(\theta) = -\sin\theta\). Sur \(]0\,;\,\pi[\), \(\sin\theta > 0\), donc \(\cos'(\theta) \neq 0\) : le théorème s'applique.
\[(\arccos)'(x) = \frac{1}{\cos'(\arccos x)} = \frac{1}{-\sin(\arccos x)} = \frac{-1}{\sin\theta}.\]On a \(\cos\theta = x\) et \(\theta\in\,]0\,;\,\pi[\) donc \(\sin\theta > 0\). Par la relation fondamentale : \[\sin^2\theta + \cos^2\theta = 1 \;\Longrightarrow\; \sin\theta = \sqrt{1-\cos^2\theta} = \sqrt{1-x^2}.\]
La formule pour \(\arccos(u(x))\) s'en déduit par la règle de composition (règle de la chaîne) : \[\bigl(\arccos(u(x))\bigr)' = (\arccos)'(u(x))\cdot u'(x) = -\frac{u'(x)}{\sqrt{1-u(x)^2}}.\]
■| \(x\) | \(-1\) | \(0\) | \(1\) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \((\arccos)'(x) = \dfrac{-1}{\sqrt{1-x^2}}\) | \(-\) | \(-1\) | \(-\) | ||
| \(\arccos(x)\) | \(\pi\) | ↘ | \(\dfrac\pi2\) | ↘ | \(0\) |
La dérivée tend vers \(-\infty\) quand \(x\to\pm 1\) : la courbe admet des tangentes verticales aux extrémités du domaine.
On appelle arc sinus, noté \(\arcsin\), la bijection réciproque de la restriction de \(\sin\) à \(\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\) :
\[\arcsin \;:\; [-1;1] \longrightarrow \left[-\frac\pi2;\frac\pi2\right].\]Pour \(x\in[-1;1]\) et \(\theta\in\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\) : \[\arcsin(x) = \theta \iff \sin\theta = x.\] \(\arcsin(x)\) est l'angle de \(\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\) dont le sinus vaut \(x\).
\(\sin\) est strictement croissante sur \(\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\) (car \(\sin'= \cos > 0\) sur \(\bigl]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr[\)). La réciproque d'une fonction strictement croissante est strictement croissante (même raisonnement par l'absurde que pour arccos, voir VII.1).
■Soit \(x\in[-1;1]\) et \(\theta = \arcsin(x)\in\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\). On a \(\sin(\theta) = x\). Comme \(\sin\) est impaire : \[\sin(-\theta) = -\sin(\theta) = -x.\] De plus \(-\theta\in\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\). Or \(\arcsin(-x)\) est l'unique angle de \(\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\) dont le sinus vaut \(-x\), donc \(\arcsin(-x) = -\theta = -\arcsin(x)\).
■L'idée vient du triangle rectangle. Dans un triangle rectangle, les deux angles aigus sont complémentaires : ils somment à π/2.
Si un angle aigu θ a pour cosinus x (côté adjacent / hypoténuse = x), alors l'autre angle aigu π/2 − θ a pour sinus x (côté opposé / hypoténuse = x) — c'est le même côté, mais vu depuis l'autre sommet.
Traduction directe :
Leur somme vaut \(\theta + (\pi/2 - \theta) = \pi/2\). C'est tout.
La seule subtilité technique dans la preuve formelle : vérifier que \(\pi/2 - \theta\) est bien dans l'intervalle \([0;\pi]\) pour pouvoir conclure que c'est effectivement arccos(x) (et pas un autre angle de même cosinus). C'est l'unicité de la valeur principale qui fait toute la force de la définition.
Posons \(\theta = \arcsin(x)\in\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\), donc \(\sin\theta = x\). On calcule \(\cos\!\bigl(\tfrac\pi2 - \theta\bigr)\) : \[\cos\!\left(\frac\pi2 - \theta\right) = \sin\theta = x.\] De plus, \(\tfrac\pi2 - \theta \in [0;\pi]\) car \(\theta\in\bigl[-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\bigr]\). Or \(\arccos(x)\) est l'unique angle de \([0;\pi]\) dont le cosinus vaut \(x\), donc : \[\arccos(x) = \frac\pi2 - \theta = \frac\pi2 - \arcsin(x).\]
■La fonction \(\arcsin\) est dérivable sur \(]-1\,;\,1[\) et :
\[(\arcsin)'(x) = \frac{1}{\sqrt{1-x^2}} \qquad \forall x\in\,]-1\,;\,1[.\]Plus généralement, si \(u\) est dérivable et à valeurs dans \(]-1\,;\,1[\) :
\[\bigl(\arcsin(u(x))\bigr)' = \frac{u'(x)}{\sqrt{1-u(x)^2}}.\]On ne sait pas exprimer arcsin analytiquement, mais on sait que : \[\sin(\arcsin x) = x \qquad \forall x\in[-1\,;\,1].\] On dérive les deux membres par rapport à \(x\).
La fonction extérieure est \(\sin\), la fonction intérieure est \(\arcsin\). Par la chain rule :
\[\bigl(\sin(\arcsin x)\bigr)' = \sin'(\arcsin x) \cdot (\arcsin)'(x) = \cos(\arcsin x) \cdot (\arcsin)'(x).\]Posons \(\theta = \arcsin(x) \in \bigl[-\tfrac\pi2\,;\,\tfrac\pi2\bigr]\). On a \(\sin\theta = x\). Par la relation fondamentale : \[\cos^2\theta = 1 - \sin^2\theta = 1 - x^2.\] Sur \(\bigl[-\tfrac\pi2\,;\,\tfrac\pi2\bigr]\), \(\cos\theta \geq 0\), donc : \[\cos(\arcsin x) = \sqrt{1-x^2}.\]
En égalisant les deux membres :
\[\sqrt{1-x^2} \cdot (\arcsin)'(x) = 1 \quad\Longrightarrow\quad (\arcsin)'(x) = \frac{1}{\sqrt{1-x^2}}.\]Par la chain rule :
\[\bigl(\arcsin(u(x))\bigr)' = (\arcsin)'(u(x))\cdot u'(x) = \frac{u'(x)}{\sqrt{1-u(x)^2}}.\] ■La restriction de \(\tan\) à \(\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\) est une bijection strictement croissante sur \(\mathbb{R}\). Sa réciproque est arctan :
\[\arctan \;:\; \mathbb{R} \longrightarrow \left]-\frac\pi2;\frac\pi2\right[.\]\(\cos\) est paire et \(\sin\) est impaire, donc : \[\tan(-x) = \frac{\sin(-x)}{\cos(-x)} = \frac{-\sin x}{\cos x} = -\tan x.\] Tan est impaire — le rapport impaire/paire est impaire.
Soit \(x\in\mathbb{R}\) et \(\theta = \arctan(x)\in\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\), donc \(\tan\theta = x\). Par imparité de tan : \[\tan(-\theta) = -\tan\theta = -x.\] De plus \(-\theta\in\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\) (car \(\theta\in\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\)). Or \(\arctan(-x)\) est l'unique angle de \(\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\) dont la tangente vaut \(-x\), donc : \[\arctan(-x) = -\theta = -\arctan(x).\]
■Posons \(\theta = \arctan(x) \in \left]0\,;\,\tfrac\pi2\right[\), donc \(\tan\theta = x\). Par la formule de symétrie \(\tan(\tfrac\pi2 - \theta) = \dfrac{1}{\tan\theta} = \dfrac1x\), et \(\tfrac\pi2 - \theta \in \left]0\,;\,\tfrac\pi2\right[ \subset \left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\), donc :
\[\arctan\!\left(\frac1x\right) = \frac\pi2 - \theta \quad\Longrightarrow\quad \arctan(x) + \arctan\!\left(\frac1x\right) = \frac\pi2 = \text{sgn}(x)\cdot\frac\pi2. \checkmark\]On pose \(y = -x > 0\). Par imparité d'arctan : \[\arctan(x) + \arctan\!\left(\frac1x\right) = -\arctan(y) + \arctan\!\left(\frac{1}{-y}\right) = -\arctan(y) - \arctan\!\left(\frac1y\right).\] On applique le cas \(y > 0\) : \[= -\frac\pi2 = \text{sgn}(x)\cdot\frac\pi2. \checkmark\]
Les droites \(y = \tfrac\pi2\) et \(y = -\tfrac\pi2\) sont des asymptotes horizontales de la courbe d'arctan. Ces valeurs ne sont jamais atteintes : arctan prend ses valeurs dans l'intervalle ouvert \(\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\).
Quand \(x\to+\infty\), \(\arctan(x)\) est l'angle \(\theta\in\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\) tel que \(\tan\theta = x \to +\infty\). Or \(\tan\theta\to+\infty\) ssi \(\theta\to\tfrac\pi2^-\). Donc \(\arctan(x)\to\tfrac\pi2\). Par imparité : \(\arctan(-x) = -\arctan(x)\to-\tfrac\pi2\) quand \(x\to+\infty\).
■La fonction \(\arctan\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et :
\[(\arctan)'(x) = \frac{1}{1+x^2} \qquad \forall x\in\mathbb{R}.\]Plus généralement, si \(u\) est dérivable sur un intervalle \(I\) :
\[\bigl(\arctan(u(x))\bigr)' = \frac{u'(x)}{1+u(x)^2}.\]| \(x\) | \(-\infty\) | \(0\) | \(+\infty\) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \((\arctan)'(x) = \dfrac{1}{1+x^2}\) | \(+\) | \(1\) | \(+\) | ||
| \(\arctan(x)\) | \(-\dfrac\pi2\) | ↗ | \(0\) | ↗ | \(\dfrac\pi2\) |
Si \(g\) est dérivable en \(x\) et \(f\) est dérivable en \(g(x)\), alors \(f\circ g\) est dérivable en \(x\) et :
\[(f(g(x)))' = f'(g(x)) \cdot g'(x).\]En mots : on dérive la fonction extérieure évaluée en la fonction intérieure, multiplié par la dérivée de la fonction intérieure.
Exemples :
On ne sait pas exprimer arctan analytiquement, mais on sait que : \[\tan(\arctan x) = x \qquad \forall x\in\mathbb{R}.\] On dérive les deux membres par rapport à \(x\).
La fonction extérieure est \(\tan\), la fonction intérieure est \(\arctan\). Par la chain rule :
\[\bigl(\tan(\arctan x)\bigr)' = \tan'(\arctan x) \cdot (\arctan)'(x) = \bigl(1 + \tan^2(\arctan x)\bigr) \cdot (\arctan)'(x).\]Or \(\tan(\arctan x) = x\), donc :
\[= (1 + x^2) \cdot (\arctan)'(x).\]En égalisant les deux membres :
\[(1+x^2)\cdot(\arctan)'(x) = 1 \quad\Longrightarrow\quad (\arctan)'(x) = \frac{1}{1+x^2}.\]Par la chain rule appliquée à \(\arctan\circ\, u\) :
\[\bigl(\arctan(u(x))\bigr)' = (\arctan)'(u(x))\cdot u'(x) = \frac{u'(x)}{1+u(x)^2}.\] ■Montrer que pour tout \(a > 0\) :
\[\frac{a}{1+a^2} < \arctan(a) < a.\]On cherche à encadrer arctan(a). La difficulté : on n'a pas de formule simple reliant arctan(a) à a directement. La clé est la dérivée.
arctan(a) vue comme une intégrale :
\[\arctan(a) = \arctan(a) - \arctan(0) = \int_0^a \frac{1}{1+t^2}\,\mathrm{d}t.\]C'est l'aire sous la courbe de \(t\mapsto\dfrac{1}{1+t^2}\) entre 0 et \(a\).
Comparaison avec deux rectangles : la fonction \(t\mapsto\dfrac{1}{1+t^2}\) est strictement décroissante sur \([0\,;+\infty[\). Donc sur \([0,a]\) :
Image géométrique : arctan(a) est l'aire sous la courbe (en bleu), strictement comprise entre l'aire du petit rectangle rouge (base × hauteur minimale) et l'aire du grand rectangle vert (base × hauteur maximale).
On utilise la représentation intégrale d'arctan :
\[\arctan(a) = \int_0^a \frac{1}{1+t^2}\,\mathrm{d}t.\]Sur \(]0,a[\), \(t < a\) donc \(t^2 < a^2\) donc \(1+t^2 < 1+a^2\), d'où \(\dfrac{1}{1+t^2} > \dfrac{1}{1+a^2}\). En intégrant cette inégalité stricte sur \([0,a]\) :
\[\arctan(a) = \int_0^a \frac{1}{1+t^2}\,\mathrm{d}t > \int_0^a \frac{1}{1+a^2}\,\mathrm{d}t = \frac{a}{1+a^2}.\]Sur \(]0,a[\), \(t > 0\) donc \(t^2 > 0\) donc \(1+t^2 > 1\), d'où \(\dfrac{1}{1+t^2} < 1\). En intégrant :
\[\arctan(a) = \int_0^a \frac{1}{1+t^2}\,\mathrm{d}t < \int_0^a 1\,\mathrm{d}t = a.\]Simplifier l'expression puis tracer la courbe de \(f\).
Ce n'est pas une inspiration soudaine — c'est une cascade de reconnaissances de formes. Chaque signal débloque le suivant.
Signal 1 — on voit \((1 - \cos x)\) et \((1 + \cos x)\) ensemble.
Ces deux expressions côte à côte sont un signal fort. En trigonométrie, quand on voit
\(1 \pm \cos x\), le réflexe est d'essayer les formules de demi-angle :
\[1 - \cos x = 2\sin^2\!\tfrac{x}{2} \qquad 1 + \cos x = 2\cos^2\!\tfrac{x}{2}.\]
Ces formules viennent de \(\cos(2u) = 1 - 2\sin^2 u\) et \(\cos(2u) = 2\cos^2 u - 1\)
avec \(u = x/2\). Elles sont faites pour simplifier exactement ce genre de fraction.
Signal 2 — c'est un quotient sous une racine.
\(\sqrt{A/B}\) avec \(A\) et \(B\) qui sont des carrés après simplification : la racine
va disparaître et donner une valeur absolue. C'est le signe qu'on va tomber sur quelque chose de propre.
Signal 3 — il y a arctan à l'extérieur.
arctan "attend" une tangente à l'intérieur pour se simplifier via
\(\arctan(\tan\theta) = \theta\). Donc on essaie de faire apparaître \(\tan(\text{quelque chose})\)
sous arctan.
La chaîne naturelle :
Il faut \(1+\cos x \neq 0\) (dénominateur non nul) et \(\dfrac{1-\cos x}{1+\cos x} \geq 0\). La fraction est toujours \(\geq 0\) car \(1-\cos x \geq 0\) et \(1+\cos x > 0\) dès que \(\cos x \neq -1\), soit \(x \neq \pi + 2k\pi\). Le domaine est donc \(\mathbb{R} \setminus \{\pi + 2k\pi,\; k\in\mathbb{Z}\}\).
On utilise :
\[1 - \cos x = 2\sin^2\!\frac{x}{2} \qquad 1 + \cos x = 2\cos^2\!\frac{x}{2}.\]Donc :
\[\frac{1-\cos x}{1+\cos x} = \frac{2\sin^2(x/2)}{2\cos^2(x/2)} = \tan^2\!\frac{x}{2}.\]Et :
\[\sqrt{\frac{1-\cos x}{1+\cos x}} = \left|\tan\frac{x}{2}\right|.\]On a \(\arctan\!\left|\tan\dfrac{x}{2}\right|\). Puisque arctan est paire (\(\arctan(-u) = -\arctan(u)\) et \(\arctan|u| \geq 0\)), et que \(\arctan(\tan\theta) = \theta\) pour \(\theta\in\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\), il faut s'assurer que \(\dfrac{x}{2} \in \left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\), soit \(x\in\,]-\pi;\pi[\). Sur cet intervalle :
\[\arctan\left|\tan\frac{x}{2}\right| = \left|\frac{x}{2}\right| = \frac{|x|}{2}.\]Par \(2\pi\)-périodicité de \(\cos\) :
\[f(x) = \frac{|x|}{2} \quad\text{sur }]-\pi;\pi[,\quad\text{prolongée par }2\pi\text{-périodicité.}\]Considérons un rectangle \(3a \times 2a\) divisé en 6 carrés de côté \(a\), et le triangle de sommets :
Le triangle est rectangle isocèle en Q, ce qu'on vérifie par le produit scalaire :
\[\vec{QP} = (-2a,\,-a) \qquad \vec{QR} = (a,\,-2a)\] \[\vec{QP}\cdot\vec{QR} = (-2a)(a) + (-a)(-2a) = -2a^2 + 2a^2 = 0. \checkmark\] \[|\vec{QP}| = |\vec{QR}| = a\sqrt{5}. \checkmark\]Un triangle rectangle isocèle a ses deux angles aigus égaux à \(\tfrac\pi4\). L'angle en \(P\) est la somme des angles que font \(PQ\) et \(PR\) avec l'horizontale :
\[\widehat{P} = \arctan\frac12 + \arctan\frac13 = \frac\pi4.\]La résolution géométrique d'Ivarra est quasi immédiate une fois qu'on reconnaît le triangle rectangle isocèle — le produit scalaire nul en est la clé.
On veut montrer que deux arctan somment à \(\tfrac\pi4\). On ne sait pas manipuler arctan directement — mais on sait manipuler tan.
Le réflexe : appliquer tan des deux membres. Si on montre que \(\tan\!\bigl(\arctan\tfrac12 + \arctan\tfrac13\bigr) = \tan\tfrac\pi4 = 1\), et que la somme est bien dans \(\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\) (pour que arctan∘tan = identité), alors l'égalité est établie.
On utilise alors la formule \(\tan(a+b) = \dfrac{\tan a + \tan b}{1-\tan a\tan b}\) avec \(\tan a = \tfrac12\) et \(\tan b = \tfrac13\) — les valeurs se lisent directement depuis les arguments d'arctan.
Posons \(a = \arctan\tfrac12\) et \(b = \arctan\tfrac13\). Comme \(\tfrac12 > 0\) et \(\tfrac13 > 0\), on a \(a, b \in \left]0;\tfrac\pi2\right[\). De plus \(a < \tfrac\pi4\) (car \(\tfrac12 < 1 = \tan\tfrac\pi4\)) et \(b < \tfrac\pi4\), donc \(a + b < \tfrac\pi2\). Ainsi \(a + b \in \left]0;\tfrac\pi2\right[ \subset \left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\).
Par la formule d'addition, avec \(\tan a = \tfrac12\) et \(\tan b = \tfrac13\) :
\[\tan(a+b) = \frac{\tan a + \tan b}{1 - \tan a\cdot\tan b} = \frac{\dfrac12 + \dfrac13}{1 - \dfrac12\cdot\dfrac13} = \frac{\dfrac56}{1 - \dfrac16} = \frac{\dfrac56}{\dfrac56} = 1.\]On a \(\tan(a+b) = 1 = \tan\dfrac\pi4\), et \(a+b \in \left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\). Comme arctan est l'unique valeur dans \(\left]-\tfrac\pi2;\tfrac\pi2\right[\) dont la tangente vaut 1 :
\[a + b = \arctan(1) = \frac\pi4.\]| Fonction | Domaine de dérivabilité | Dérivée |
|---|---|---|
| \(\cos\) | \(\mathbb{R}\) | \(-\sin\) |
| \(\sin\) | \(\mathbb{R}\) | \(\cos\) |
| \(\tan\) | \(\mathbb{R}\setminus\bigl\{\tfrac\pi2+k\pi,\;k\!\in\!\mathbb{Z}\bigr\}\) | \(1+\tan^2 = \dfrac{1}{\cos^2}\) |
| \(\arccos\) | \(]-1;1[\) | \(\dfrac{-1}{\sqrt{1-x^2}}\) |
| \(\arcsin\) | \(]-1;1[\) | \(\dfrac{1}{\sqrt{1-x^2}}\) |
| \(\arctan\) | \(\mathbb{R}\) | \(\dfrac{1}{1+x^2}\) |
Posons \(\theta = \arctan(x)\), c'est-à-dire \(\tan\theta = x\). En dérivant \(\tan(\arctan x) = x\) par rapport à \(x\) :
\[(1+\tan^2\theta)\cdot(\arctan)'(x) = 1 \implies (1+x^2)\cdot(\arctan)'(x)=1 \implies (\arctan)'(x) = \frac{1}{1+x^2}.\] ■Soit \(f\) une bijection de classe \(\mathcal{C}^1\) sur un intervalle \(I\), avec \(f'(x)\neq 0\). Alors \(f^{-1}\) est dérivable en \(y=f(x)\) et :
\[(f^{-1})'(y) = \frac{1}{f'(f^{-1}(y))}.\]Géométriquement : les courbes de \(f\) et \(f^{-1}\) sont symétriques par rapport à \(y=x\) ; leurs tangentes en des points correspondants ont des pentes inverses.
\(\varphi_p\) est la réciproque de \(\tilde g_p : [\alpha_p;+\infty[\to I_p\). Sur \(J_p\) (ouvert où \(g_p' \neq 0\)) :
\[\varphi_p'(y) = \frac{1}{g_p'(\varphi_p(y))} = \frac{1}{\dfrac{p}{1+p^2\varphi_p(y)^2}-1}.\]